• Échanges Québec / Normandie (2)

     

    Jeudi 17 mai. En route pour Québec. Il reste encore quelques grands espaces inondés et au bord de la route des marmottes qui attendent que leur logis soit de nouveau au sec. Promenade au bord du St Laurent en compagnie d’Annie et Martin. La marée est basse, les vasières sont dégagées pour le plus grand plaisir des bandes d’oies sauvages.

    Échanges Québec / Normandie (2)

    Le soir, cours au Dōjō de Charlesbourg, chez Louis-Olivier. Très beau Dōjō, vaste et confortable. Cours basé sur l’attaque Ura Yokomen Uchi. Entrée esquive canalisation conduisant à Mukae Daoshi puis diverses erreurs conduisant à enchaîner sur Ushiro Kata Otoshi, Eri Jime, Mae Tobu Nage avec ses variantes Kami et Mimi, pour le plus grand plaisir des stagiaires.

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    Je sors le premier et je vais à la recherche du char de Sylvain... Bizarre, je ne le retrouve pas... Je traîne pendant 1/4 d’heure et je rentre dans l’établissement. Je rencontre Karine qui me dit que tout le monde me cherche : je me suis trompé de sortie, j’ai suivi la flèche mais ce n’était pas la bonne… 2 couloirs identiques donnent sur 2 cours identiques. Bien entendu, j’interdis à mes compagnons d’évoquer cet incident, je tiens à ma réputation !

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    Nous nous retrouvons pour un repas dans un établissement remarquable tant pour la qualité de son menu que pour la puissance de sa sono.

    Vendredi 18 mai. Visite du vieux Québec avec toute la gagne. Les vieilles rues, le château Frontenac, par ailleurs un hôtel 5 étoiles, avant de nous rendre au Dōjō Heiiseikan de Benoît.

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    Dōjō intimiste, en plein centre ville. Travail intense sur les 3 types d’entrée sur Tsuki Jodan. Étude des différentes formes de Kote Gaeshi, succès avec l’inattendu Koshi qui fait découvrir la griserie du vol plané.
    Sympathique buffet à la fin du cours. Nous renonçons à poursuivre la soirée avec quelques bières car la fatigue qui s’accumule depuis quelques jours devient pesante.

     Samedi 19 mai. Le cours a lieu le matin au Dōjō Budo Kwaï de Martin. Sensei Daniel est arrivé de bonne heure et a dirigé le cours de Kobudo. Pendant le cours d’Aïkibudo, Karine se présentera à un examen de Kobudo. Du fait, l’effectif est réduit dans mon cours qui se déroule sur un petit Tatami. Ce qui n'empêche pas un rythme intense et un travail particulier sur le Zanshin pour s'entraîner en toute sécurité.

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    L’après-midi, visite de l’île d’Orléans. Il reste encore de nombreuses bandes d’oies sauvages qui se régalent dans les vasières. Un petit tour chez Monna et filles, liquoristes spécialisés dans l’utilisation du cassis qui fabriquent une foultitude de bonnes choses avec les baies noires : gelées, liqueurs, vins, condiments, sucreries... autant d’imagination que pour .l’utilisation du sirop d’érable

    Échanges Québec / Normandie (2)

    Échanges Québec / Normandie (2)Vous avez noté, l'auréole, derrière ma tête ?

    Soirée au bonheur des gourmets. Le saumon cuit dans le sel par Annie et servi par Martin est inoubliable !

    Dimanche 20 mai. Petit déjeuner québécois gastronomique.  Le Brie arrosé de sirop d’érable, parsemé de noix « de Grenoble » et passé au four est une découverte inouïe pour mes papilles !
    Impossible de quitter Québec sans montrer aux filles les chutes Montmorency, les chutes les plus hautes de l’Amérique du nord avec leurs 83 m ! Depuis ma première visite en 1989, où c’était un endroit libre et sauvage, c’est devenu un parc, avec son parking payant et son entrée...  payante. Un escalier de 470 marches monte en zigzag jusqu’au sommet. Il est possible de passer de l’autre côté en utilisant une passerelle ou une tyrolienne qui rase la chute pour les plus aventureux. J’ai mis mon genou au défi de monter les 470 marches. Plus fort, il a accepté de les redescendre. Même pas mal. Enfin presque pas.

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    Et devant les chutes, avec Stéphanie, Sylvain et... Normand


    Lundi 21 mai. Promenade au parc d’Oka. Nous passons près du terrain de golf qui faillit déclencher une guerre civile en 1990 quand le maire d’Oka décida de l’agrandir à 18 trous en annexant des terres sacrées de la réserve Mohawk. Au bord du lac, un vent vif et très frais permet aux adeptes du kitesurf de s’en donner à cœur joie.
    Le soir, Sylvain emmène les filles au Mont Royal voir Montréal la nuit. Je suis resté pour pouvoir enregistrer nos places dès 22 h. À 22 h sonnantes, donc, je suis connecté sur le site d’Air Transat. Tout se passe pour le mieux pour les 3 premiers sièges quand, à 10 h 15, je m’occupe enfin de Jocelyne. Bug ! Impossible de valider l’enregistrement. Je déteste m’avouer vaincu mais après avoir insisté jusqu’à 10 h30, je suis obligé de renoncer. Le n° du siège est bien enregistré mais impossible d’obtenir la carte d’embarquement. « Rendez-vous à l’aéroport » précise le logiciel. On verra demain si Jocelyne peut monter dans l’avion.

    Mardi 22 mai. Ça sent le départ. Les valises sont prêtes, l’appartement est presque silencieux. Les bagages sont chargés dans le SUV de Sylvain.  Sylvain vérifie les horaires du Spa Finlandais où nous devons nous détendre. Heureusement, parce que c’est fermé, il a brûlé ! Nous irons donc dans un autre Spa.
    Nous allons chercher Daniel pour manger ensemble au restaurant chinois. Nous sommes rejoints par André-Patrick. Puis nous allons barboter au Spa Mathers à St-Eustache qui s’enorgueillit d’une pièce à neige où il faut passer quelques minutes à -6° à la sortie du sauna.
    Il est bientôt l’heure de se rendre à l’aéroport. Je déteste les départs. Nous détestons les séparations. La police des frontières se déchaîne à mon encontre comme d’habitude. Cette fois-ci, ce n’est pas mon passeport ou ma genouillère qui est en cause mais mon ordinateur, scanné sur toutes ses faces puis ma casquette scannée sous toutes ses coutures.
    Il fait froid dans l’avion. La bouffe est dégueulasse et les hôtesses limite narquoises. Et impossible de dormir. À Roissy, le toboggan tombe en panne comme tous les ans.
    Arrivé chez moi, je tombe de sommeil. Je suis réveillé par la sonnerie du téléphone. C’est mon ami Monmon qui vient aux nouvelles. Après quelques minutes, je peux me rendormir quand c’est le portable qui sonne. C’est not’ bon Sensei qui me croyait rentré depuis 1 semaine. Je somnole pendant la conversation, je résiste à plusieurs rêves quand je m’aperçois que j’ai lâché mon téléphone. Je le récupère, le porte à l’oreille, le Sensei parle toujours, il ne s’est pas rendu compte de mon absence momentanée !
    Je marche au ralenti depuis que je suis rentré. Il ne faut pas faire le jeune homme quand on est un p’tit vieux !
    À chaque étape de notre beau voyage, à la fin de chaque cours, nos hôtes nous m’ont demandé si je reviendrais. « P’t’êt’ ben... » leur ai-je prudemment répondu à chaque fois.
    « Boujou pis des gommes ! » leur avons-nous lancé avant de nous séparer.
    Maintenant, il reste aux filles à perfectionner leur connaissance de la parlure québécoise. Pour les aider, je leur ai donné à étudier un grand classique :

    UN ACCIDENT DE TRAVAIL ASSEZ BIZARRE ...
    Une crisse de bonne histoire : cette histoire est on ne peut plus vraie car elle est tirée des archives du service des immeubles de l'école polytechnique de Montréal...
    LE TRAVAIL DU RÉCLAMANT CONSISTAIT À DESCENDRE DU TOIT D'UN ÉDIFICE DE DEUX ÉTAGES UN SURPLUS DE BRIQUES QUI ÉTAIT RESTÉ SUR LE TOIT.
    QUESTION :
    Monsieur, auriez-vous l'amabilité de raconter les faits de l'accident ? Votre réponse est enregistrée.

    RÉPONSE :
    J'pensais sauver du temps. J'ai fixé un madrier avec une poulie en haut de la batisse et j'ai passé une corde dans la poulie avec les deux bouttes qui descendent jusqu'a terre. J'ai attaché un baril vide au boutte de la corde, pis j'le monte en haut de la batisse. Ensuite j'attache l'aute boutte de la corde à un arbre. Là, j'monte sul toit, pis j'remplis le baril de briques. Ensuite, je r'tourne en bas pis j'viens pour détacher la corde pour faire descendre le crisse de baril, mais le tabarnac de baril est benque trop pesant pour moé et avant que je réalise quoi que ce soit, hostie, le baril me monte en l'air yenque d'une chotte. Là, chu trop haut pour lâcher la corde, j'ava pas le choix, j'ai tenu la corde en hostie. A moitié chemin, j'rencontre le crisse de baril qui descendait ; j'en ai reçu un calvaire de coup sur l'épaule ; tabarnac que ça m'a fait mal... Mais cé pas toute ; moé je continue à monter. Rendu en haut, j'me pette la tête sul câlisse de madrier, pis j'me prends les doigts dans l'hostie de poulie... J'pensa parde connaissance. Quand l'baril touche à terre, le fond pette pis l'baril se vide. Asteur, ciboire, chu plus pesant que l'baril ; ca fa qu'hostie là j'descends en tabarnac ; pis à moitié chemin en descendant, j'rencontre encore le crisse de tabarnac de baril qui, lui, montait. Y m'a pas manqué l'calisse, y m'a pogné drettes'une jambe ; chu v'nu blême. Rendu en bas, j'mécrase sul calisse de tas de briques... J'pensa mourir là. Rendu là, j'me rappelle pu grand chose ; chu tout étourdi, ca fa que j'lâche la crisse de corde, pis l'baril se met à r'descendre, pis me calisse un coup s'a tête ; pis j'me r'trouve à l'hopîtal. C'est pour çà que j'demande un congé de maladie.

     SERVICE TECHNIQUE DES IMMEUBLES
    22 OCTOBRE 1975
    ÉCOLE POLYTECHNIQUE

    N.B. d'autres photos sont attendues et viendront prochainement compléter ce compte-rendu d'un beau voyage au Canada.

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    7e dan FIAB 2011
    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

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