• Quelques notes (18)

     

     

    SAISON 1975 / 1976 : PARTIR !

    Quelques notes (18)

    De retour de Fréjus, je pris contact avec les gens de la FFAD que j'avais rencontrés au mois de mars. J'échangeai un courrier avec les Warcollier et j'eus une communication téléphonique avec Jean-Daniel Cauhépée. Il me demanda de l'aider à convaincre Alain Floquet de les rejoindre.
    Hiroo Mochizuki et André Nocquet avaient été virés de leur poste de Conseiller Technique à l'UNA et Nobuyoshi Tamura restait le seul maître. Il autorisait quand même Hiroo Mochizuki à assister aux passages de grades...
    Alors, André Nocquet vint demander l'hospitalité à la FFAD, puisqu'elle était forte de la quasi-totalité de ses anciens élèves ! [...]
    Les contacts avaient été pris très rapidement, puisque dès le 18 octobre, je fus convoqué à l'ASPP par Claude Jalbert pour mettre au point la circulaire destinée à informer les clubs, la progression pédagogique du CERA, les programmes de passages de grades, les représentations régionales. Et dès le 20 octobre, une circulaire dénonçait l'autoritarisme du groupe Tamura et la nécessité de quitter la FFJDA.
    Mais la prudence était de mise : une véritable entreprise de « terrorisme » venait d'être instaurée par l'UNA / FFJDA auprès des clubs non licenciés FFJDA ou dont les professeurs ne suivaient pas les stages de recyclage. Beaucoup de clubs d’Aïkido étaient des sections de clubs de Judo, donc pris à la gorge. Huit clubs avaient ainsi été fermés dans la zone Languedoc-Roussillon dès le premier trimestre.
    Entre temps, Hiroo Mochizuki essayait de mettre en place sa fédération de Yoseikan Budo et adressa une circulaire invitant à une réunion d'information.  [...], c'est ainsi que l'Amicale de Malaunay fut perdue pour le CERA.
    J'avais écrit un pamphlet vengeur contre l'ACFA, mais Claude Jalbert, mesuré en toute chose, l'avait refusé. Quelle ne fut pas ma surprise, de trouver, dans la revue Aïkido Contact abondamment distribuée par la FFJDA, un article vitupérant signé Bonnefond, reprenant quasi mot pour mot certains paragraphes de mon texte. Le lisant rapidement, ma femme m'avait dit : « Tiens, ils publient ta prose, maintenant ? »
    Évidemment, il tournait les dénonciations à l'avantage de l'ACFA ! Je vitupérais comme un diable et demandai de porter la polémique dans les revues spécialisées.
    Notre circulaire du 19 décembre 1974, trop sage, trop terne, ne nous avait valu que dix réponses. Elle n'offrait qu'un confort intellectuel, alors que l'UNA offrait une structure, des stages décentralisés, sortait les provinciaux de leur isolement même si elle allait ensuite les écraser de son mépris. Quant à moi, j'étais décidé à tout abandonner si le CERA échouait. Je n'acceptai plus aucune compromission.
    Le 19 octobre, j'avais accompagné mes Gaulois à Caen pour un stage de recyclage animé par Gallais de Blois et son adjoint Cardot, [...] anciens du groupe Yoseikan, passés chez Nocquet et désormais inféodés à Tamura.
    On nous annonça que dorénavant il faudrait pratiquer les esquives, et on nous enseigna un Tai Sabaki révolutionnaire : l'esquive avant, dite Irimi...
    Nous étions morts de rire, mais les autres stagiaires étaient particulièrement attentifs et étonnés. Car pour esquiver, il faut subir une attaque. Et qui va attaquer, l’Aïkido n'est-il pas un « sport » de défense ? Va-t-il alors falloir apprendre les attaques ? Ce n'est plus de l’Aïkido, c'est du Karaté...
    Et le gentil professeur de la MJC de Caen, un petit barbu étonné aux grands yeux de hibou, posa cette naïve question : « Maître, Tsuki, est-ce que ça se fait comme ça (il tendit le bras, main largement ouverte, au niveau du visage), ou comme ceci (il amorça un mouvement ascendant de la main, doigts joints, tranchant vers le sol) ?... ».
    Et devinez qui ne put s'empêcher de répondre : « Non, c'est comme ça ! » en lui faisant un superbe bras d'honneur à l'horizontale... Les Bois-Guillaumais étaient pliés, même Gallais et Cardot pouffèrent, les autres restèrent cois...
    1er novembre 1975. L'héritier de l’Aïkikaï s'est rendu en France, à l'invitation de Bonnefond. Ce fut l'occasion d'une réunion au sommet et la création de la Fédération Internationale d’Aïkido. Bonnefond arracha la présidence. Sa mégalomanie triomphait ! Aux prochaines réunions officielles, le smoking serait de rigueur. Comme je vous le dis !
    Un dimanche matin du mois de décembre. Il faisait froid quand je montai dans la Fiat de Jacques Hébert. Nous nous rendions à Blois où devait se dérouler l'examen pour le premier dan. Le DTR Chassang, venant de Nice, avait dû prendre l'avion... Qu'importe, l'UNA avait les moyens, c'était évident. Son président n'était pas pour rien le président de la FIA, excusez du peu !
    J'avais l'air de grogner ? Il faut dire que Jacques aime la fraîcheur pour conduire, et je gelais, dans sa maudite Fiat. Jacques était dans sa période naturaliste. Il allait dans les restaurants végétariens, faisait des stages de ski de fond-Zen, ou quelque chose d'approchant et ne buvait que de l'eau ! Il n'avait plus un atome de gras sous la peau et était dans une forme éblouissante.
    J'aurais dû prendre ma vieille R6 pourrie, j'aurais mis le chauffage.
    Comme nous l'avions préparé, ce passage de ceinture noire ! Je ruminais encore l'affront du 8 juin ! Ces abrutis qui se lamentaient : « Le niveau est en-dessous de tout, ils vont détruire l'école ! Aucune tenue ! Gna ! Gna ! Gna ! ». Et Bonnefond qui écrivait que le temps des grades de complaisance était terminé ! Bravo, nous avions eu nos grades dans des pochettes surprises, probablement !
    Jacques avait été un des meilleurs le 8 juin, même comparé à ceux de l'ACFA, avec leurs techniques. Alors, nous avons travaillé. VDB fut précieux, détaillant tout point par point. La forme de corps Yoseikan et la pratique du Kobudo devaient nous permettre de nous adapter à n'importe quel style, à n'importe quel Art martial, ce qui n'est pas nécessairement réciproque.
    Je râle, j'ai froid.
    Enfin, nous arrivâmes à Blois. Le Dojo se trouvait sous les tribunes du stade d'athlétisme. Il faisait froid. Encore les économies de chauffage ! Mais bientôt, des rampes à infrarouge s'allumèrent. Je pus me détendre pendant que les quinze candidats s'échauffaient.
    Je fus saisi par une odeur de caoutchouc... Le tatami était posé sur un plancher soutenu par un lit de vieux pneus ! Très astucieux, cela donnait une surface remarquablement amortie et élastique. Dommage pour l'odeur.
    Et l'examen commença, sous la férule des maîtres Gallais (de Blois) et Chassang (de Nice). Et on y va pour Ikkyo, Nikkyo, Sankyo, etc... debout, à genoux, à quatre pattes ! C'est long, ça n'en finit pas. C'est toujours la même chose...
    Je surveille Jacques. Il est sûr de lui, concentré. Parfait. Pendant les Randori, il est remarquable. Nos Tai Sabaki font merveille, il occupe impeccablement l'espace. Il introduit quelques saisies arrière, il le faut bien ; c'est leur dada, mais elles sont amenées d'une incitation en avant, il ne se laisse pas bêtement saisir.
    Et les autres ? Boaf ! Ils ne savaient pas attaquer, alors ils ne savaient pas esquiver. Jacques n'en plia-t-il pas un d'un Tsuki à l'abdomen un peu sévère ? Le jury n'apprécia pas : l’Aïkido n'est pas du Karaté ! On ne frappe pas ! On fait semblant...
    Le jury se retira pour délibérer et les candidats, trempés de sueur, attendaient sous les rampes à infrarouge.
    On peut dire que ce fut sévère : quatre reçus, seulement ! Mais une mention particulière pour Jacques, cité en exemple. On avait bien vu à sa façon de travailler qu'il venait du groupe Yoseikan. Et on avait tout particulièrement apprécié la netteté de ses applications de la méthode nationale, sa connaissance impeccable du programme, son sens du contrôle de l'esquive. Quelle humiliation pour les autres, même ceux qui avaient été reçus ne furent pas épargnés : ce n'étaient que des repêchés. L’Aïkido Yoseikan donnait l'exemple. Je jubilais.
    Je n'avais pas tout à fait compris que nous tirions bénéfice de la guerre sauvage que se livraient les groupes Nocquet et Tamura. C'étaient de véritables règlements de compte : Blois en était un exemple et certains stages confondaient Aïkido et pancrace !
    J'avais repris contact avec les Hollandais et je partis entre Noël et le nouvel an en direction de Den Haag. Je fus accueilli par Jaap Hoogendam et Will Viss qui servait d'interprète. Accueil superbe. Trois jours de stage avec les haut-gradés du Judo néerlandais. J'étais environné d'hommes-montagne à trois, quatre ou cinq barrettes. Le précieux Teunis Tromp était là.
    Je découvris les vitrines le long des canaux d'Amsterdam, le goût des Hollandais pour la cuisine française. Et j'eus la surprise de pouvoir parler français avec les vendeuses des grands magasins ! Je fis une grande boucle à travers le plat pays, découvris qu'en flamand, Lille s'écrit RIRKJ et Paris PARJ, ou quelque chose d'approchant...
    Je fus invité par les frères Warcollier et Michel Hamont à participer à leur « Congrès Technique » du 25 janvier 1976, à Yerres. J'y arrivai avec mes quatre Gaulois, Éric et Bruno Lemercier, Jacques Hébert et Jean-Marc Fiess. La matinée fut consacrée à étudier le « Kata des cinq principes » qu'affectionnait Nocquet. Puis on nous offrit un repas pantagruélique...
    [...]
    Le 28 février, nous avions notre première réunion CERA / FFAD au domicile du docteur Warcollier. Nous discutâmes les projets et contre-projets de protocole d'accord ménageant les intérêts de chacun et surtout l'indépendance totale au niveau de la technique. Nous ne voulions pas tomber de Charybde en Scylla et le projet FFAD avait tendance à nous étrangler, les vieilles rancunes n'étaient pas mortes. Mais finalement, une synthèse honorable fut mise au point.
    Et ça ne chômait pas ! Le lendemain, je participai à Dieppe à un stage dirigé par Alain Floquet ! Une foule de stagiaires était venue de Bois-Guillaume, Caudebec, Vernon, Le Havre... Le Tatami était trop petit. [...]
    Le CERA n'existait vraiment qu'en Normandie. Les autres régions craignaient les représailles de la FFJDA. Moi, sûr de ma réputation tant à la DDJS qu'auprès des dirigeants de la Ligue, je me savais intouchable. Et Alain Floquet était sûr de nous avoir derrière lui. [...]
    L'UNA avait publié une luxueuse « Méthode Nationale ». À la page 251, une magnifique photo d'un édifice gothique présente l’École Supérieure Européenne d’Aïkido. Il s'agit en réalité de la collégiale de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, excusez du peu !
    Des expéditions punitives avaient lieu sporadiquement. De véritables défis étaient lancés par les catcheurs de l'ACFA et on ne parlait que de poignets brisés et d'épaules démises. VDB, que je rencontrais régulièrement, était en extase devant Chiba, la petite brute qui ne souriait jamais mais blessait systématiquement tous ses partenaires, ou devant je ne sais plus quel chevronné casseur de Bokken. Il ne comprenait pas quand je lui disais que c'étaient tout simplement des gens dépourvus de maîtrise...
    Un de ces casseurs,  [...] vint diriger un stage de recyclage à Yvetot le 21 mars. C'était un petit rouleur de mécaniques, agressif, au visage crispé, parlant avec un désagréable accent des faubourgs parisiens. VDB lui vouait une grande admiration, c'était un casseur de Bokken. Il me déplut d'emblée !
    Encore une fois, nous allions avoir à étudier une technique révolutionnaire. Il nous présenta donc la dernière création qui ne portait pas de nom : c'était tout simplement Robuse en distance Ma !
    Il ne comprenait pas comment il se faisait que mon équipe effectuait cette technique avec tant d'aisance alors que les autres peinaient et suaient...
    Le lamentable pillage de nos techniques continuait, nous étions vampirisés et mes dirigeants, par esprit de courtoisie, ne dénonçaient pas, n'attaquaient pas...
    Stages. Réunions FFAD. Cours à Bernay toutes les semaines. Je n'en pouvais plus. Bernay surtout me coûtait. Je rêvais de samedis tranquilles, mais je partais à treize heures, roulais pendant soixante-dix kilomètres, faisais mes deux heures de cours et ne rentrais jamais avant dix-neuf heures. Le fidèle Jean-Marc Fiess, qui assurait des cours à Vernon, à soixante kilomètres de Rouen, m'accompagnait régulièrement.
    Et un jour, j'en eus assez. Les élèves de Bernay n'étaient pas nerveux, nerveux, et je me fâchai. Je craquai. J'annonçai que j'arrêtais les frais.

    Quelques notes (18)

    Le 22 mai, je présentai Rémy Grimal au passage de ceinture noire à Paris et il prit en mains le destin du club d’Aïki de Bernay. Et ma foi, avec réussite, car il était très calme et son style convenait parfaitement à l'ambiance locale.
    À la fin de la saison, l'UNA réclama la constitution de commissions techniques de Ligue. Alain Gallais organisa une réunion et rassembla des représentants de l’École Yoseikan et de l'ACFA. Impossible d'obtenir un représentant du groupe Nocquet.
    Je fus donc nommé délégué technique avec VDB. Nous allions nous partager un cycle de stages et présenter nos styles respectifs. Finalement, VDB était assez ouvert et s'intéressait à notre forme de travail. J'étais assez naïf pour ne pas me rendre compte que nous allions être pillés lentement mais sûrement.
    Jacques Hébert avait décidé de se présenter au Brevet d’État organisé en fin de saison. Il avait prouvé qu'il était au point techniquement. Au niveau pédagogie, il avait déjà de l'expérience, puisqu'il avait commencé à donner quelques cours à la MJC de Saint-Étienne-du-Rouvray. Quant à la partie administrative, c'était plutôt son domaine, puisqu'il est licencié en droit.
    Les résultats des épreuves théoriques furent plutôt brillants. Il s'en tira comme Jean-Marc, l'autre licencié en droit du club, avec dix-sept ou dix-huit de moyenne à l'écrit. Tout se présentait bien.
    Et puis, ce fut l'épreuve de pédagogie. Son examinateur était un professeur d'EPS, élève de l'Institut Noro. La question était bizarre : « Quels sont les différents Sabaki ? »...
    Interloqué, Jacques... Il se dit qu'il devait s'agir des Tai Sabaki et entreprit sagement de démontrer Irimi, Hiraki, Nagashi sur pied avant et arrière et O Irimi... quoi que ce fussent des spécialités de l’École Yoseikan, totalement inconnues de la méthode nationale.
    La réaction de l'examinateur fut assortie à la question : « Vous n'avez rien compris, je vous ai demandé les différents Sabaki ! »
    Jacques ne comprenant vraiment pas, l'examinateur lui apprit que c'étaient des mouvements d'échauffement du poignet, Te Sabaki, et de la cheville, Ashi Sabaki... Vous savez, quand on se fait tourner les articulations au début des cours...
    Et Jacques ramassa une bulle éliminatoire ! Son examinateur avait cru qu'il venait de chez Tamura et réglait son compte à un ennemi ! Oui, l'amour régnait au sein de l’Aïkido, c'était bien l'Union annoncée par Bonnefond et Pfeiffer !
    À la rentrée suivante, je reçus une lettre circulaire de la FFJDA me demandant d'interdire mon Dojo à monsieur X... (l'examinateur de Jacques) à qui on avait retiré la licence pour menées antisportives ! Il avait été vraiment désagréable au Brevet d’État, mais Jacques ne fut pas autorisé à repasser son épreuve de pédagogie.
    En cette fin de saison, notre CERA était encore modeste, environ cinq cents licenciés ! Alain Floquet, Directeur Technique National, avait nommé quelques Conseillers Techniques Nationaux. J'assumai aussi modestement que possible cette « héneaurme » promotion.
    J'avais décidé d'accompagner Edmond Royo à Royan du 26 au 31 juillet, pour suivre un stage de Kendo avec Kenichi Yoshimura. [...]
    La France Kendo Renmei existait encore, mais était moribonde. Alain Floquet avait bien été reçu l'été précédent par les dirigeants de la Zen Nippon Kendo Renmei, mais ceux-ci n'avaient pas voulu trancher. Le Comité National de Kendo payait la cotisation, alors... la FKR avait bien réglé la sienne, mais avait été remboursée.
    J'étais certainement le seul licencié FKR de ce stage. Tous les autres étaient et licenciés CNK et licenciés UNA ! Nombreux étaient les adhérents de l'ACFA !
    Le premier jour, Yoshimura décida de partager les stagiaires en deux groupes de niveau et organisa une série de tests. Bien sûr, je m'en sortis plus qu'honorablement et fis partie du groupe « haut niveau » et abandonnai Monmon, désolé, avec les débutants.
    Les stagiaires se connaissaient pour la plupart et étaient étonnés de ma présence dans le groupe des bons tireurs.
    J'avais gardé de mes Shiai (assauts de Kendo) avec Alain Floquet un Shinai entièrement raccommodé, scotché de toutes parts, qui me servait pour les Suburi. J'en avais un en bon état pour la technique et les Geiko (combats).
    Deuxième jour. Un stagiaire va moucharder au directeur du stage : « Celui-là, là-bas, il a un Shinai en mauvais état ! ». Le directeur du stage vient contrôler, j'ai mon Shinai neuf...
    Yoshimura organisa quelques petits Geiko. Mes premiers adversaires étaient faciles pour un vieux combattant comme moi ! Étonnement des stagiaires-qui-ne-me-connaissaient-pas... Conciliabules...
    La vedette du lot, Lo Piccolo, qui vient de passer son 2ème dan et reluit du titre de champion de France, vient me défier. Il a visiblement pour consigne de me coller une raclée...
    Il tomba sur un os, je lui rendis coup pour coup, pas aussi technique, mais largement aussi efficace. Au bout d'un long, long combat, voyant qu'aucun d'entre nous deux ne faisait la différence, il me salua et cessa la bataille. À partir de ce jour, je ne pus avoir aucun partenaire !
    À l'heure des Geiko, une file se faisait, chacun attendait son tour de combattre avec le Maître. Pour rien au monde, ils n'auraient rencontré un autre partenaire !
    J'eus aussi mon tour. C'est Yoshimura qui vint me chercher, corrigea quelques erreurs et me proposa de me faire passer un grade... Pas besoin de lui dire que j'étais 1er dan de la FKR. Je le remerciai. Le Kendo était fini pour moi, l'ambiance ne me convenait plus.
    J'ai beaucoup apprécié Yoshimura. Cours pratiques, cours théoriques, stage très complet. Technique, Kata, compétition, Kihon (exercices de base), tout fut abordé, épluché, soigneusement travaillé. Mais c'était trop tard.
    Hiroo Mochizuki dirigeait parallèlement un stage de Yoseikan Budo. Un jour, je le croisai et il vint me serrer la main. « Alors, tu as suivi Floquet ? C'est dommage ! »
    Je fus appelé par un ancien du groupe Yoseikan, [...] qui me demanda d'intervenir pour lui auprès d'Alain Floquet, car il n'osait pas lui écrire pour lui demander de le réintégrer dans les cadres du CERA. Ma réponse fut très courtoise : « Démerde-toi tout seul, tu n'avais pas besoin de te tromper de cheval ! ».
    Après Royan, je devais rejoindre Alain Floquet qui avait organisé un stage au Château d'Oléron. Le dimanche 1er août, vers dix heures du matin, je m'engageai sur le pont d'Oléron. J'arrivai sur l'île : une fête foraine géante, partout du bruit, des manèges, des odeurs de graillon, des sonos hurlantes ! À onze heures, je m'enfuis de l'île et partis me livrer aux joies du camping sauvage dans les Pyrénées.


    À suivre...

    80 balais... âge canonique

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    7e dan FIAB 2011
    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

    80 balais... âge canonique

     

     

     

    Oublie tes peines et pense à aimer
    あなたの悩みを忘れて、愛について考える
    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    80 balais... âge canonique

    mort-de-rire

     

     

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