• Je suis athée, Dieu merci


    L'autre soir, au bar de Lembrun, un ami m'assène  :
    « Tu es athée, donc tu es croyant !
    - ???
    - Tu crois que Dieu n'existe pas ! »
    C'est alors que je lui rétorque :
    « Dédier sa vie à l'inexistence de Dieu... On a un peu autre chose à foutre ! »

    Il y a peu d'athées militants

    Mes parents étaient-ils athées ou croyants ? Mon père bouffait parfois du curé mais sans excès, pour éviter les aigreurs d’estomac. Ma mère ? Je ne sais pas trop, elle n’en disait rien mais je pense que c’est à elle que nous devons d’avoir été baptisés et d’avoir communié…
    En fait, j’ai été baptisé à 3 ans, à la fin de l’occupation nazie. Je n’en ai aucun souvenir mais ma mère m’avait raconté que j’avais violemment protesté quand le curé s’était approché de moi et pire encore quand il avait tenté de me badigeonner une cochonnerie sur le front.
    En fait, je n’ai jamais apprécié les curés, pas plus que leurs pendants féminins en cornette mais au corps pas net.

    Il y a peu d'athées militants

    Il y a peu d'athées militants

    Il y a peu d'athées militants

    Il y a peu d'athées militants

    Il y a peu d'athées militants

    Il y a peu d'athées militants

    En fait, je n’ai jamais cru au Père Noël.
    La première fois que j’ai entendu parler du bonhomme Coca Cola, ce devait être en 1947, il avait dû être importé par les troupes américaines qui occupaient des bases sur notre territoire, dont une à quelques kilomètres de chez nous.
    Chez nous, on fêtait Saint Nicolas, le 6 décembre. On fêtait, c’est vite dit, je recevais une carte postale tous les ans, toujours la même ! Je ne me rappelle pas si on recevait des cadeaux, d’ailleurs l’époque ne s’y prêtait guère. Quant au 25 décembre, il est probable que pour beaucoup de gens de nos campagnes, c’était encore la célébration du renouveau, des jours qui rallongent. O Ghel an Heu !
    L'empereur Constantin fixa la date de naissance du p’tit Jésus au 25 décembre, mais ce n'est qu'en 353, sous le pape Liberius (ou Liberos) que la fête de la naissance du Christ fut instituée à Rome. La plèbe s'étant largement convertie à la nouvelle religion plus simple à comprendre que les cultes à mystères, Constantin déclara le Christianisme religion officielle de l'État. La conversion des empereurs puis leur totale soumission à l'autorité religieuse croissante livra à l'intransigeance chrétienne tout l'appareil du pouvoir impérial et ses terribles moyens de coercition. Elle s'en servit durement. Le dessein de la nouvelle religion fut d’établir impitoyablement sur les structures romaines, l’empire d’un Dieu jaloux, à l’image du vieux Dieu biblique, forçant la conversion, par le fer et le feu, le viol des consciences et la torture, la prison et les bûchers. En 391, les académies et tous les cultes traditionnels furent interdits dans tout l’Empire, les flambeaux des vieux autels s’éteignirent, les anciens dieux tombèrent et leurs
    magnifiques temples furent détruits. Plus que ça change plus que c'est toujours la même chose !

    Mon premier cadeau de Noël fut, en 1946, un cadeau d’entreprise, de l’EDF qui venait d’être créée. Je me rappelle ma première orange, un paquets de bonbons à la réglisse, en forme de losanges, et puis… je ne me rappelle pas un jouet, je ne revois que cette grande caisse en bois et ces friandises dans de la paille de bois… Alors, vous pensez, le p’tit Jésus dans la crèche, il était bien loin de nos préoccupations !
    C'est au cours de l’année de mes 8 ans que je vécus deux expériences très formatrices : ma première révolte et ma première controverse.
    Pâques. Il fallait chercher les œufs déposés dans le jardin par les cloches de retour de Rome. Cette année-là, je me suis révolté, je n’ai pas voulu me couvrir de ridicule, j’affirmai vertement que je ne croyais pas à ces bêtises. Je ne savais pas que j’offensais ma mère qui ne pensait qu'à nous offrir un petit moment de bonheur. De l’autre côté de la rivière qui bordait notre jardin, une petite fille nous regardait avec envie. Pas de cloches pour elle. Alors, pour me punir, ma frère lui offrit le cadeau qui m’était destiné ce qui ne me gêna en aucune façon puisque je n’y aurais touché pour rien au monde.
    J’étais passionné par les animaux, de toute taille. J’avais déjà élevé des têtards pour les voir se muer peu à peu en grenouilles. À cette époque, j’élevais des escargots, je rêvais d’en voir pondre, de découvrir des œufs d’escargots. Le lendemain matin de ma révolte, j’allai voir mon élevage et je découvris un énorme œuf de Pâques en chocolat parmi mes gastéropodes. Je pensai qu’il avait dû coûter une fortune à mes parents qui avaient tant de mal à boucler les fins de mois. Alors, je suis allé voir ma mère et je lui ai dit : « Regarde le drôle d’œuf qu’ont pondu mes escargots ! ». Elle a longtemps cru que j’y avais cru. Modeste petit bonheur offert par un enfant à ses parents !
    Le frère d’une amie de mes parents était curé. L’abbé Séraphin. Il venait souvent à la maison où il n’était pas admis en tant que curé mais en tant que frère d’une amie de la famille. Avec mes parents, il évitait de parler « métier » mais il tentait parfois de m’attirer dans les rets de la religion, petit païen qui n’allait ni à la messe ni au catéchisme ! Je me souviens lui avoir dit que son Jésus, je n’y croyais pas parce qu’on n’avait aucune preuve de son existence. Il me demanda alors si je croyais en Henri IV. Évidemment que j’étais certain qu’Henri IV avait existé. Il me demanda alors si j’avais une preuve de son existence. J’étais vexé, je n’avais aucune preuve de l’existence d’Henri IV mais j’avais une certitude, il ne fallait pas discuter avec un curé, c’était forcément un fourbe.
    Si mes parents n’étaient pas croyants, ils tenaient à ce que leurs enfants fassent leur première communion de façon à organiser un bon petit gueuleton entre amis. Je fus donc prié de me rendre à la messe le dimanche matin et au catéchisme le jeudi après-midi. Ma mère me donnait même quelques pièces de monnaie pour la quête.

    Je me dis très vite que ces pièces seraient mieux investies chez la libraire, marchande de journaux, que déposées dans l’escarcelle du curé. De toutes façons, je n’avais pas l’intention de mettre les pieds dans l'église.
    Arriva l’année de la première communion et de mon entrée en 6ème. Ce fut aussi la triste découverte de la vie en internat où j’ai commencé à m’étioler.
    Ma mère alla trouver l’abbé local, taxé de pédophilie (déjà !) mais qui n'a jamais eu l’occasion de m’approcher, pour s’informer des formalités à accomplir pour que son petit cadet communie. Étonnement de l’abbé qui ne me connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Règlement de comptes le samedi suivant quand je rentrai à la maison. Non seulement j’avouai sans hésiter que j’avais fait l’église buissonnière mais j’affirmai haut et fort que jamais, Ô grand jamais, je ne communierais.

    Je suis athée, Dieu merci
    Je suis athée, Dieu merci

    Pas de communion, pas de gueuleton. Mes parents ne pratiquant pas la coercition, ils se résolurent à la négociation.
    « Si tu communies, je t’offrirai une belle montre. », me dit un de mes oncles. L’autre me proposa un appareil photographique. Alors là, je commençai à fléchir. Et quand quelqu’un me dit qu’il allait y avoir la retraite de première communion, que je n’irais pas à l’école pendant une semaine, une semaine hors de l’internat… alors, là, j’acceptai, sans réserve.
    Mais l'abbé ne m’avait jamais vu au catéchisme malgré ce que lui soutenait ma mère. Il lui proposa de me faire passer un examen un dimanche matin, après la messe. Le samedi soir, je passai une heure sur le « trône » avec le manuel dont j'appris le contenu page après page. Le dimanche matin, je découvris les mystères et l’ennui de la messe à l’issue de laquelle l’abbé me fit passer l’examen.
    Je fus classé 3ème, après le fils du vétérinaire et celui du patron de la distillerie, les filles étant classées à part. On me prêta un ravissant costume gris perle qui mit mes cheveux blonds en valeur lors du défilé du dimanche matin.
    Pendant les agapes du midi qui s’éternisaient, je m’éclipsai dans les marécages voisins, à la recherche de grenouilles et autres tritons ou salamandres pour mes élevages, au grand dommage pour le beau costume gris perle. Il fallut trouver de toute urgence un autre costume pour la messe de l’après-midi. Je ms suis sacrément fait remonter les bretelles !

    Plus tard, je vécus une période où, le dimanche midi, avec d'autres valeureux condisciples, j'allais crier : « À bas la calotte ! » et proférais de lugubres « Croâ ! Croâ ! » au nez des ouailles qui sortaient de la messe.

    Athée, Dieu merci

    Athée, Dieu merci

    Athée, Dieu merci

    Athée, Dieu merci

    Athée, Dieu merci

    Cette absence d'attrait pour la bigoterie me valut des ennuis quand je fus prié de participer aux opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en  Algérie afin de contribuer à la défense des intérêts des colons français... Je fus aimablement invité à suivre la « préparation à l'école des officiers de réserve » après avoir obtenu 100% de réponses justes au test QCM de présélection. Arrivé au centre d'instruction (sic), j'eus à remplir une fiche de renseignements sur laquelle je vis avec effarement qu'on me demandait ma religion, à moi, pur produit de l'école laïque et de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'état ! J'écrivis tout simplement « athée », ce qui est un très, très gros mot au sein de la sainte alliance du sabre et du goupillon... Il va sans dire que je ne fus pas admis à l'école des élèves officiers de réserve de Cherchelles, pas plus que je ne fus admis au CA2 qui donne accès aux grades de sous officier de réserve, pas plus que je ne fus honoré du titre de soldat de 1ère classe, tout juste eus-je droit au CA1 qui me valut une promotion au grade de caporal quand le bataillon du 9e Zouave à Alger où j'avais été expédié fut dissous à la fin de la guerre d'Algérie. Le bouffeur de curés avait été converti à l'antimilitarisme !

     Comme cul et chemise comme larrons en foire
    J'ai vu se constituer tant d'associations
    Mais il n'en reste qu'une au travers de l'histoire
    Qui ait su nous donner toute satisfaction
    Le sabre et le goupillon

    Athée, Dieu merci

    Athée, Dieu merci

    J’ai rencontré celle qui devait partager ma vie le 15 juillet 1966 sur la plage de Royan. En ces temps-là, il était inconcevable de vivre ensemble comme ça, sans sceller notre union en passant par la Mairie. Soit, je n’y tenais pas vraiment mais sinon c’eût été « Shame and scandal in the family » ! Et partout itou !


    En ces temps-là, les belles rêvaient de mariage en blanc tout froufroutant de dentelle et de sortie sur le parvis, toutes cloches sonnantes mais on ne parlait pas encore de se jeter des poignées de riz sur la tête.
    « Mariage à l’ église… Ah… Bon… Si tu y tiens… D’accord, dis-je à ma future épouse, mais tâche de l’apprécier, tu n’es pas près de m’y voir remettre les pieds ! ».
    Qui dit mariage à l’église sous-entend préparation au mariage. Et qui prépare au mariage ? Quel est le spécialiste de la chose ? Je vous le donne en mille : le curé ! Un véritable oxymore !

    Je suis athée, Dieu merci

     

    J’ai donc rencontré ce curé, frère André, il ne manquait pas d’air, s’appeler André !
    « Vous vous confessez ou on discute, me demanda-t-il ? - Discutons, lui répondis-je. »
    Un mois plus tard, frère André jetait sa soutane aux orties et se faisait la belle avec sa belle. J’avais été très convainquant !
    Plus tard, je rencontrai un personnage qui faillit me faire changer d’avis sur la considération que je porte aux ecclésiastiques en général. C’était l’abbé Gilbert Lemaire, « L’abbé L’maire... » disait-il pour se présenter.
    Un 11 novembre, avec mes collègues et quelques amis, nous piétinions devant le monument aux morts, attendant la fin de la messe pour déposer la gerbe traditionnelle avec les élèves et les représentants de la municipalité. La porte de l’église s’ouvre, Gilbert passe la tête et nous dit : « Quand je pense que les meilleurs sont dehors ! ». En fait, il se revendiquait curé laïque et était depuis toujours membre de l’amicale laïque du quartier du Havre où il était né et qu’il aurait créée. Étonnant, non ?
    C’était quand même un personnage exceptionnel.

    En fait, je connais également un ancien chasseur qui aime les animaux.
    En fait, je n’ai jamais adhéré à aucune chapelle, politique ou maçonnique, même si j’ai pu être sollicité souventes fois. Je tiens trop à ma liberté ! Ni Dieu ni maître !

    « Seriez-vous donc anarchiste, Sensei André ?
    - Ce n’est pas impossible, petit cancrelat. L’anarchie est un bel idéal, une merveilleuse utopie. Connais-tu bien l’étymologie du mot anarchie ? Il vient du grec
    αναρχία / anarkhia, composé de an, préfixe privatif : absence de, et arkhê, commandement, ou « ce qui est premier » et désigne la situation d’une société où il n'existe pas de chef, pas d'autorité unique. Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif.
    Ouououpppsss ! C’est compliqué, tout ça, mon bon Sensei !
    -
    Ça signifie tout simplement que je n’ai pas besoin de craindre les gendarmes pour respecter le code de la route, qu’il me déplaît de devoir fermer ma porté à clé quand je pars de chez moi, que je trouve normal de contribuer à la solidarité nationale en reversant une part de mes revenus pour assurer la santé, l’éducation, les sources d’énergie, le transport et même les revenus de ceux qui mettent leurs compétences à la disposition de tous en soignant, en instruisant et en éduquant, en nous protégeant, en entretenant les centrales électriques, les lignes téléphoniques, les voies ferrées et je trouve regrettable que tous les organismes créés pour le bien commun aient été progressivement et insidieusement remis aux mains d’organismes privés qui s’en servent pour s’enrichir... J'ai déjà écrit quelques mots à ce sujet dans l'article Autorité et anarchie. »

     

     

    « Et l’Aïkibudo, dans tout ça, vénérable et non moins vénéré Sensei ?
    - Observe bien, petit cloporte, ce remarquable espace d’apprentissage, d’éducation, de partage et de liberté. Un homme à qui sa passion a fait rencontrer les derniers grands Maîtres japonais du XXe siècle, qui a été reconnu comme un des leurs, qui a partagé, donné son immense savoir sans imaginer s’en servir pour s’enrichir. Des vieux disciples, du « premier cercle » comme m’a dit dernièrement un pratiquant, des « compagnons » comme il aime dire, qui partagent, dispensent leur enseignement, font progresser tous ceux qui leur font confiance sans attendre de retour, s’estimant suffisamment récompensés de leurs efforts par le haut niveau atteint par leurs fidèles élèves.
    Pas de chef autocrate. Une organisation librement constituée, librement acceptée et respectée, sans autre directive que celle de progresser dans l’harmonie, de progresser sur la Voie de l’humanisme sans chercher un quelconque profit. Un merveilleux exemple de société autogérée et je suis tout simplement heureux et fier d’en faire partie.

    Je suis athée, Dieu merci

    - Mais, mon bon Sensei, l'histoire des Arts Martiaux est illuminée par le parcours de grands Maîtres inspirés !
    - LES histoires, petit cancrelat, des histoires qu'on raconte aux enfants ! Ni messies ni prophètes, ces grands hommes ne sont que des hommes. Après leur mort, l'histoire en a fait des êtres légendaires parce que beaucoup d'humains ont besoin de légendes qu'ils prennent pour des vérités afin d'avoir des divinités à adorer. Pas plus de pouvoirs mystérieux que de beurre en broche !
    - Je suis déçu, lumineux Sensei, d'apprendre qu'il n'existe pas d'homme providentiel.
    - Sois heureux, au contraire, petite coccinelle, ta marge de progrès est infinie, vois ce long chemin que tu peux parcourir et au bout duquel tout est possible.
    - Mais, généreux Sensei, ne m'avez-vous pas dit que ce chemin ne menait nulle part donc qu'il est impossible d'en atteindre le bout ?
    - C'est possible, petit bousier, c'est possible.
    »

     

    En effet :
    Qui dit anarchie, dit négation du gouvernement ;
    Qui dit négation du gouvernement, dit affirmation du peuple ;
    Qui dit affirmation du peuple, dit liberté individuelle ;

    Qui dit liberté individuelle, dit souveraineté de chacun ;
    Qui dit souveraineté de chacun, dit égalité ;
    Qui dit égalité, dit solidarité ou fraternité ;
    Qui dit fraternité, dit ordre social ;
    Donc qui dit anarchie, dit ordre social.
    Au contraire :
    Qui dit gouvernement, dit négation du peuple ;
    Qui dit négation du peuple, dit affirmation de l’autorité politique ;
    Qui dit affirmation de l’autorité politique, dit dépendance individuelle ;
    Qui dit dépendance individuelle, dit suprématie de caste ;
    Qui dit suprématie de caste, dit inégalité ;
    Qui dit inégalité, dit antagonisme ;
    Qui dit antagonisme, dit guerre civile ;
    Donc qui dit gouvernement, dit guerre civile.

    « Ne pensez-vous pas tenir des propos provocants voire choquants, vénérable Sensei Papé ?
    - Que nenni, misérable chrysalide ! Même si mon vieux corps supporte (difficilement) la charge de 75 balais, mon esprit joue toujours avec ses rêves d'enfant, ses utopies d'adolescent et son éternel penchant à la caricature qui a fait grincer les dents de quelques uns et sourire ou s'esclaffer beaucoup d'autres... Ce n'est pas maintenant que je vais me refaire, n'en déplaise aux cuistres  et aux constipés de la rigolade.
    »

    « Tu te dis athée parce que tu détestes Dieu !
    - Je ne déteste pas plus Dieu que toi tu détestes les licornes.
    - Je ne peux pas détester les licornes, c'est un mythe...
    - Tu vois, nous finissons par être d'accord. »

    Athée, Dieu merci

    Je suis athée, Dieu merci



    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    6e dan 2F3A 1991

    7e dan FIAB 2011

    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire