• Histoire d'un Hakama qui fut blanc

     

    « Le Hakama () est un pantalon large plissé (cinq plis devant et deux derrière), muni d'un dosseret rigide ( Koshi Ita 腰板 ) et de quatre sangles ( Himo ) deux longues attachées devant et deux plus courtes attachées derrière.

    Le Hakama était traditionnellement porté par les nobles du Japon médiéval, et notamment les Samouraï. Il prit sa forme actuelle durant la période Edo. »

    Il y a 50 ans, dans la progression Kyu de notre École, il n’y avait que 2 couleurs de ceinture : la blanche puis la marron à partir du 3ème Kyu.

    Et par-dessus la ceinture marron, nous portions... le Hakama blanc !

    Voilà ce que j’écrivis quand le moment de le revêtir fut arrivé :

    « Notre fierté fut grande le jour où nous avons mis pour la première fois nos superbes hakama blancs ! Le hakama est une sorte d'ample jupe-pantalon plissée que portaient jadis les Samurai. Nous avions l'air de ridicules premiers communiants, ou de moines sans tonsure. Mais nous étions fiers comme des poux, certains, dorénavant, de faire partie de l'aristocratie des Arts Martiaux. »

    En fait, ces Hakama étaient informes. Faits d’un coton blanc de qualité médiocre, il était inutile de les repasser !

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    Nous étrennons nos beaux Hakama blancs tout neufs devant le photographe de Paris-Normandie

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    Les élégants vainqueurs d'une « coupe d'Aïkido Mochizuki ». Savez-vous qui on devine, tout au fond, à droite ?

    En fait, ces Hakama blancs n'étaient pas vraiment élégants ! Et les photos, scannées sur de vieux journaux, ne nous mettent pas vraiment en valeur.

    Le 23 mars 1969, j'étais papa depuis la veille au soir à 22 heures, je me présentai à l'examen pour le premier dan au Dojo fédéral, rue du Faubourg Saint-Denis...

    Si je fis une bonne impression, justifiée, avec mes Randori, où j'appliquais des interprétations très personnelles mais très efficaces de techniques étudiées au stage de Royan en 1967 et dont j'ignorais qu’il s’agissait de Mae Hiji Kudaki et Ushiro Hiji Kudaki que notre École abordait à partir du 2ème dan, mes connaissances des différentes formes de Kote Gaeshi, flexion ou torsion, et les différences entre les applications sur la distance Ma ou la distance Chika Ma, introduites en 1968, se révélèrent si succinctes que je repartis recalé, et bien déçu, et décidé à tout abandonner.

    Au milieu de la semaine suivante, je fus avisé que j'avais été repêché. La raison ? Tous les candidats provinciaux et une bonne part des Parisiens avaient été renvoyés à leurs chères études. Pour aider au développement des clubs de province, il fut décidé en haut lieu de revoir le barème, ce qui me mit sur la liste des lauréats. J'appris bien plus tard que je le devais à un certain Alain Floquet...

    Je repris donc l'entraînement avec dynamisme après avoir teint mon Hakama en noir. Merveilleux Hakama ! Toujours aussi mal coupé et sa teinte noire, mal fixée, vira peu à peu au gris, puis au vert ! Je m'en achetai un modèle en Tergal en 1971, avec les remises des commandes de matériel chez Judo International et offris le vieux en coton à Jean-Marc Fiess quand il passa son 1er dan le 6 mai 1973. Son frère Jacques, aux doigts de fée, lui en fabriqua un dans un coupon de Tergal acheté chez Toto Soldes en 1975. Mon Hakama gris verdâtre fut alors remis à Éric Lemercier qui le garda jusqu'à son voyage au Japon, en 1983, où il en acquit enfin un superbe en Tergal, avec son nom brodé en Kana.

    Mon Hakama enTergal était taillé dans un tissu noir et léger, difficile à maintenir dans ses plis. Il s'usa très vite aux genoux. La pratique du Kendo donna un élan au Hakama bleu nuit. Je m’en offris donc un de meilleure qualité en 1976 malgré la réglementation de l’époque qui stipulait : « Hakama noir ».

    En 1991, pour mon 6ème dan, mes élèves m’offrirent un magnifique Keikogi de marque Meiji et un très beau Hakama de marque Iwata que je porte toujours.

    Maintenant qu’il est bien usé et raccommodé en divers endroits, il faudrait j’envisage, en tant que Kodansha de très haut niveau, l’acquisition d’un de ces beaux modèles en qualité très lourde avec, suprême élégance, la Tsuba imprimée sur le Koshi Ita et mon nom brodé en Kanji sur la fesse droite…

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    « Oh ! Sensei Dd, un peu de retenue !

    - Hé ! Ho ! On peut rêver, non ? D’accord, restons modestes, mais quand même, un peu de fierté, ça ne peut pas faire de mal. Non ? »

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    6e dan 2F3A 1991

    7e dan FIAB 2011

    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

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