• Bilan du cours du 5 avril 2017

     

     

    Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c'est de nous mettre en état de les faire. (Constantin Brancusi)

    Nous vivons de superbes journées de printemps. Sous un ciel d’azur limpide, les cerisiers font éclater leurs bourgeons. L’impasse où je vis va connaître une floraison de nuages roses. Le merisier, dans ma cour, s’est enveloppé de neige parfumée. Mes amis ailés inspectent en chantant à tue-tête les nichoirs que j’ai mis à leur disposition. Tout respire la beauté, la joie de vivre.
    La lumière ravive les teintes pastel, les éclaire ça et là de touches de blanc éclatant ou d’or liquide. Pourtant, j'éprouve une étrange sensation d'absence
    . Le chemin qui me reste à parcourir est probablement très court. J’aimerais, à son terme, avoir connu la sérénité.

    Le monde est un beau livre, mais il sert peu à qui ne le sait lire. (Carlo Goldoni)

    Le mois d’avril est doux. Les vacances de printemps sont toutes proches. Mais les bobos sont nombreux, aussi ne sont-ils que 5, ce soir du 5 avril. C’est l’occasion d’envisager une autre forme de cours : un entraînement de type Randori. Tori a face à lui 4 Uke, en ligne, et qui attaquent droite, gauche, droite, gauche. Sous réserve que chacun sache revenir à sa place après être intervenu, le travail est rapide, intense et permet une correction immédiate, à la fois personnalisée et collective.

    Les compliments sont le protocole des sots. (Voltaire)

    Mon enseignement a toujours porté sur la prise de conscience de la mobilisation du bassin dans une culture où la force repose sur de larges épaules. La référence pourrait être le Nagashi « sans bouger les pieds » tel qu’on doit le pratiquer dans le Kihon Nage Nidan.
    Cette prise de conscience s’accompagne de la découverte des sensations nées du mouvement du bassin qui induit celui des épaules, il ne s’agit pas d’un mouvement « monolithique » comme j’ai pu l’entendre dire mais d’une suite d'impulsions et de rotations.
    Le premier effet de la rotation du bassin est l’entraînement de la jambe dans l’exécution du Tai Sabaki. Plus haut, l’épaule est entraînée par la rotation du bassin et lance le bras, qui lance l’avant-bras, qui induit une rotation du poignet...
    Ce n’est qu’à partir de la perception de ces interactions que peut se concevoir la compréhension de Te no Michibiki, la main guide. J’ai trouvé cette forme d’écriture Kanji : 手の導き, de 導く Michibiku, diriger, guider, conduire. On trouve aussi cette interprétation : 手の道引き, se lit Do ou Michi et 引き (de 引く tirer, traîner, remorquer, haler, guider) se lit Hiki ou Biki...
    Je vais faire sentir les implications de Te no Michibiki à partir d’une attaque Jyunte Dori, en distance Ma. Tori doit se laisser saisir pour entraîner Uke, nous serons donc dans une sensation de Machi no Sen (Go ou Machi, de Matsu, 待つ , attendre). Le déplacement de Tori se déclenchera au moment où Uke va poser son pied sur le sol et où il est donc susceptible de se placer en déséquilibre avant.

    Les biens superflus rendent la vie superflue. (Pier Paolo Pasolini)

    Premier exercice : Uke saisit en Jyunte Dori distance Ma. Au moment où il va poser son pied, Tori recule en tournant sa main en crochet, paume vers le sol, les doigts dirigés vers l’arrière montrant la direction du déplacement. Tori pose le genou au sol en continuant sa canalisation.

    À son 4ème passage, Guillaume effectue un léger pivot, ce qui montre qu’il a besoin de libérer son bassin.

    Le bonheur est une femme. (Friedrich Nietzsche)

    Dans sa simplicité, le premier exercice présente une difficulté, il n’est pas facile pour Tori d’effectuer une canalisation en ligne. C’est pour cela que nous allons ajouter une rotation du bassin.

    J’ai demandé de chercher à s’asseoir sur les talons pour amplifier la canalisation, ce que cherche à faire et réussit Mélanie.

    On passe sa vie à romancer les motifs et à simplifier les faits. (Boris Vian)

    Au lieu de poser le genou au sol, Tori effectue Chidori Ashi en reprenant le centre puis se relève en montant la main à la verticale. Si le déplacement est juste, Uke est renversé sur le dos.

    Guillaume est bien placé, un léger pas latéral lui permet de renverser Uke.

    C'est la pénicilline qui guérit les hommes, mais c'est le bon vin qui les rend heureux. (Alexander Fleming)

    Au lieu de se relever avec le bras vertical, Tori prend appui avec le dos de sa main dans la paume de la main de Uke et pousse, doigts tendus, en avançant.

    Un petit tic réapparaît au 4ème passage : la moulinette, qui annule quelque peu la poussée.

    Le silence est une tranquillité mais jamais un vide ; il est clarté mais jamais absence de couleur ; il est rythme ; il est le fondement de toute pensée. (Yehudi Menuhin)

    J'enseigne que la technique se présente d’elle-même à l’issue du mouvement. Quand Tori se relève, il saisit le poignet de Uke de sa main libre, dégage l’autre main avec une rotation intérieure, son bras glisse sous le coude de Uke, la canalisation conduit vers Tenbin Nage.

    Dommage, Guillaume présente son côté faible à l’objectif, le placement de Tenbin Nage est cassé alors que de l’autre côté il est fluide et continu.

    Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. (Isaac Newton)

    Quand Tori se relève, il place le bras de Uke dans l’axe et saisit la main de Uke par-dessous, les doigts contrôlant fermement le gras du pouce : Gyaku Kote Gaeshi se présente. La chute est tonique. La forme de travail que nous avons pratiquée depuis le début du cours rend ce type de chute risquée. Quand la clé est placée, je positionne le bras de Uke pour le contraindre à la roulade arrière, plus sécurisante.

    Mélanie fait un tour d’essai et a tendance à conduire ses Uke en roulade avant.

    Et au 2ème tour, elle démontre tranquillement l’adaptation du mouvement à la roulade arrière.

    Avant de dire quelque chose, il faut s'assurer que le silence ne soit pas plus important. (Marcel Marceau)

    Cette série d’exercices est construite à partir d’une entrée intérieure. Si la canalisation est faible, l’esquive intérieure est risquée. Le dernier exercice va casser les mécanismes en cours d’installation...
    Esquive extérieure, à la façon du Te Hodoki. En fin de canalisation, un mouvement du bassin induit une rotation de la main autour du poignet de Uke. Tori projette Uke en roulade avant.

    Très belle démonstration de Guillaume. Il est en Machi no Sen, il attend l’attaque de Uke et canalise au moment juste avec une légère poussée en avant pour assurer la saisie de Uke. Le Nagashi est bien amorcé avec le bassin.

    Suggérer, c’est créer. Décrire, c’est détruire. (Robert Doisneau)

    Quand nous pratiquons notre Art, quand nous pratiquons un Art, rien n’est figé, rien n’est déterminé, nous sommes en état de créativité. Le Maître ne peut pas dire à ses élèves : « C’est comme ça ! », il ne peut que dire : « Je fais comme ça. » et puis guider chaque élève sur sa Voie personnelle, en fonction de ses aptitudes, de ses faiblesses, il l’aide à se révéler sa personnalité.
    Le Randori est révélateur, les élèves démontrent ce qui leur reste quand ils ont tout oublié ! Après 1 heure 1/2 de Randori « guidé », place au Randori créatif. Je n’ai donné qu’une consigne. À partir du dernier exercice, 2 techniques peuvent se présenter : Kote Kudaki ou Robuse. Pas d’explication, Exécution !

    Où il se vérifie que quand on veut faire une technique, elle s’échappe et que quand on l’accueille, elle s’exécute aisément.

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    7e dan FIAB 2011

    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

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