• Bilan du cours du 4 avril 2018

     

    Ne vous mettez pas en avant, mais ne restez pas en arrière. (proverbe chinois)

    Guillaume va à un concert. Sylvain est souffrant, Rémy n’a pas la pêche. Jeannot… ? En d’autres temps, j’aurais laissé tomber, moi aussi. Au cours de mes longues pérégrinations sur la planète bleue, j’ai appris et j’ai compris que ceux qui seront là méritent toute mon attention et que je dois leur offrir un cours individualisé.
    Le ciel est grisâtre. Il fait douceâtre. La circulation est calme. Le parking est bondé et je me réfugie à ma place habituelle, entre les flaques d’eau. Stéphanie est devant moi quand je me dirige vers la nouvelle entrée du Dōjō. Nous patientons dans l’entrée en disant quelques bêtises à propos du cours de gym féminine qui va bientôt nous laisser la place.
    Nous sommes rejoints par Kamel tout de rouge sombre vêtu, ce qui nous permet de disserter un moment sur la symbolique des couleurs. Puis c’est Mélanie qui arrive et enfin Eddie quand la salle se libère.

     

    Il est plus facile de déplacer un fleuve que de changer son caractère. (proverbe chinois)

    Parfait, 2 Yudansha, 2 Kyu, je vais pouvoir construire mon cours collectif et individualisé. Tous travailleront le même sujet, chacun à son niveau. À moi de savoir ce que je suis en mesure d’exiger d’un 1er Kyu ou d’un 1er dan ou d’un 3ème dan.
    Je reviens sur mon nouveau thème de travail et de réflexion, l’utilité du Kihon Nage Waza et l’intérêt du ralenti.
    Ce Kihon, créé à l’origine pour permettre aux candidats au 1er dan de fixer la compréhension et la mémorisation des techniques de base sur les attaques fondamentales est peu à peu devenu un sujet de bachotage.
    Nous nous sommes vite rendus compte que le Kihon était travaillé aux dépens … du Randori. On se fixait sur le dogme et on oubliait l’adaptation, l’imagination. On pratiquait une succession de gestes pasteurisés, sans vie et sans conviction.
    Ce qu’on pardonne aux candidats au 1er dan devient insupportable au niveau des grades nationaux où ce Kihon Nage Waza est exécuté à la va-vite, comme une corvée. Nous avons pensé faire naître un nouveau souffle en le demandant sur un rythme de Randori mais ce fut au détriment de la précision.
    La solution est dans le ralenti qui permet de démontrer la précision et la maîtrise, étant donné que ralenti ne signifie pas ramolli. Les coups sont ralentis mais sont portés. La force se développe au ralenti mais elle est présente. Au niveau des grades nationaux, le Kihon devient un Kata prestigieux.

     

    Si perçante soit la vue, on ne se voit jamais de dos. (proverbe chinois)

    Tout est dans l’intention de l’attaque, la précision de l’entrée, la détermination de l’esquive canalisation. Et tout ça se vérifie déjà dans le Randori canalisation... qui dérive souvent en gesticulation bondissante et dépourvue de précision. Mon objectif est donc de remettre tous ces éléments à leur place grâce à une application au ralenti.
    J’explique au quatuor attentif que les vidéos me permettent de repérer des erreurs qui ne m’avaient pas frappé sur le moment. Je m’étais contenté d’une vision globale du mouvement qui m’avait paru satisfaisant. Sorti du contexte, observant ce mouvement un petit écran, les positions de guingois prennent du relief.
    La première partie du cours portera donc sur la sincérité des attaques et la précision des entrées. Je m’occuperai des postures à retrouver dans le respect de la verticalité dans la seconde partie.

     

    Être homme est facile, être un homme est difficile. (proverbe chinois)

    Reprenons donc notre Randori canalisation. Travaillé au ralenti, il sera plus évident de travailler la précision de l’entrée, la mise en déséquilibre par l’action du bassin dans le premier temps de O Irimi, la canalisation dans le second temps de O Irimi. L’attaque de Uke doit être sincère. S’il attaque Tsuki Jodan, il a l’intention de toucher le menton de Tori. Si ce dernier ne bouge pas, le poing de Uke transmet une poussée. Il ne s’agit pas de frapper puisque l’action est portée au ralenti mais d’utiliser la force maîtrisée.

    Canalisation sur Tsuki Jodan (sensation Tai no Sen)

    Un détail m'avait échappé : pendant le premier temps de O Irimi, Tori doit appuyer sur le coude de Uke pour accroître le déséquilibre avant et passer facilement le bras extérieur au-dessus du bras de Uke.

    Canalisation sur Tuski Chudan (sensation Sen no Sen)


    Canalisation sur Tsuki Jodan (sensation Go no Sen)
    Un Randori ne connaît pas de temps mort, il s’agit d’un mouvement continu du début à la fin. Dans tous ces exercices, Tori doit attaquer Uke dès qu’il se relève.

    Stéphanie tarde à se relever et Mélanie doit l’attendre. Dans un Randori moins conventionnel, elle devrait attaquer avant que Stéphanie ne se soit relevée.

    Ici, Stéphanie se relève sans attendre, il n’y a pas de temps mort pendant toute la durée de l’exercice.

     

    La langue bute toujours sur la dent qui fait mal. (proverbe chinois)

    La seconde partie du cours est consacrée à la révision et à la correction des 4 premières phases du Kata Kihon Nage Waza.
    Mukae Daoshi : l’entrée a été comprise. Le point faible apparaît au moment de porter Mukae Daoshi. Tori est face au Shimoza. Uke est dans l’axe de Tori. Pour porter Mukae Daoshi, Tori exerce une poussée dans le dos de Uke pour le faire sortir de l’axe en le faisant se cambrer. C’est là qu’on voit souvent Tori se mettre de guingois au lieu de fléchir sur ses jambes et d’exercer sa poussée.
    Yuki Chigae : la verticalité pendant le passage sous le bras se révèle aléatoire parce que le bras de Uke n’est pas relevé, son coude doit être monté au dessus de son épaule.

    Bilan du cours du 4 avril 2018

    Bilan du cours du 4 avril 2018

    Photo de gauche : on sent que la main dans le dos ne pousse pas, c’est le corps qui doit se déporter au risque d’un Kaeshi Waza vers l’avant.
    Photo de droite : le coude de Uke est bas, Uke est penché sur l’avant, Tori se contorsionne pour passer sous le bras de Uke qui pourrait lui bloquer la tête.

     

    Les trente premières années se passent à ne pas pouvoir se réveiller, les trente suivantes à ne pas pouvoir s’endormir. (proverbe chinois)

    Ce sont 2 heures passées à prendre conscience d’erreurs acquises par la force de l’habitude et qu’il faut éliminer malgré les protestations du corps qui s’attache à ses habitudes. C’est donc un travail très physique et très intellectuel en même temps.
    Rien de tel qu’un bon Randori pour décontracter le corps et l’esprit martyrisés par un professeur obstiné et insensible !
    Tori sera face à 3 adversaires qui feront 2 passages avant le changement de Tori… sans interruption dans l'enchaînement des attaques.
    Le professeur constate avec satisfaction que les attaques sont portées, les entrées sont précises, les canalisations conduisent à un réel déséquilibre. Un beau Randori technique que, captivé par le spectacle, je n’ai pas pensé à filmer.

     

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    7e dan FIAB 2011
    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

    mort-de-rire-copie-1.gif

    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

    « Bilan du cours du 21 mars 2018Bilan du cours du 18 avril 2018 »