• Bilan du cours du 21 septembre 2016

     

    Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. (Alexandre III le Grand)

    En général, je me réveille vers 5 h 30. Un problème de p’tit vieux, le sommeil fractionné. Chaque nuit, 2 ou 3 réveils, en général à la fin de chaque boucle, et puis le sommeil revient très vite. Mais le réveil de 5 h 30 a tendance à se prolonger alors qu’il serait bon de dormir encore un peu. Ça fait gamberger mais quand on se retourne vers le radio-réveil encore une fois, il affiche 7 h voire 7 h 15, ce qui est une heure humaine pour se lever.
    Or, ce matin, lendemain de mon premier cours de la saison, le réveil affichait 8 h 15 !

     

    Dieu n’avait fait que l’eau, mais l’homme a fait le vin. (Victor Hugo)

    Hier soir, c’était donc ma rentrée. J’ai fait beaucoup d’efforts pour me remettre en forme, depuis mon retour de Lembrun. Mes bras ont retrouvé leur volume, ma taille s’est amincie. L’état de mon genou ne s’est pas aggravé et je peux donc affirmer qu’il s’est amélioré puisque, malgré l’inévitable usure du temps je maintiens une mobilité raisonnable...
    « Nous aurons encore longtemps besoin de vous, Sensei. – Longtemps, à mon âge, ça n’a plus beaucoup de sens, le temps passe si vite ! »

     

    On ne peut espérer tout avoir. Le succès a un prix qu'il faut payer. (Romy Schneider)

    Quand j’arrive au Dojo, surprise : le parking est totalement vide ! Quelques minutes plus tard, c’est le grand sourire de Kamel qui me fait sortir de ma songerie. Nous allons attendre l’ouverture de la porte. Je fais la connaissance d’un nouveau licencié. Après un long parcours avec la FFAB dans le Sud-Est, il a migré dans la région rouennaise et a pratiqué quelque temps avec l’Aïkido 2F3A local.
    Il ne s’y retrouve plus. Il ne comprend pas qu’il faille d’abord former Uke pour que Tori puisse exécuter ses techniques... Alors, il est venu voir ce qu’est vraiment cet Aïkibudo dont ceux qui ne le connaissent pas non plus ont dû lui dire beaucoup de mal ! Et il m’affirme qu’il lui semble avoir trouvé sa famille. Wait and see, comme ils disent dans la perfide Albion.

     

    Les maris des femmes qui nous plaisent sont toujours des imbéciles. (Georges Feydeau)

    Je compte déjà 6 Yudansha et 6 kyu sur le Tatami mais où sont les filles ? Jeannot me dit que Mélanie sera là puisqu’elle lui a affirmé qu’elle s’attendait à diriger l’échauffement. En fait, elles sont bien là mais s’attardent dans le vestiaire. Nous pouvons effectuer le salut.
    « Or donc, Mélanie, tu souhaites diriger l’échauffement, à ce que m’a narré Jeannot ? – Que nenni, Sensei ! – Mais si, rétorque Jeannot. – Je suis témoin, surenchérit Guillaume. – Ce ne sont que mensonges, se lamente Mélanie. » Il me faut trancher : « Guillaume, tu as commis un faux témoignage, tu vas donc diriger l’échauffement ! », ce qu’il fit avec sa maîtrise et son talent habituels.

     

    Si j'avais le pouvoir d'oublier, j'oublierais. Toute mémoire humaine est chargée de chagrins et de troubles. (Charles Dickens)

    C’est mon premier cours, je le développerai donc sur la première saisie, soit Jyunte Dori. (順手取り), en faisant un détour historique, du Jujutsu à l’Aïki, du Chika Ma au Ma.
    Il me faut un partenaire très fort physiquement, très dense, Harold est exactement celui qu’il me faut pour évoquer le bon vieux temps de l'Aïkido Jujutsu du Yoseikan.
    Il faut une saisie très ferme, très forte. L’action consiste à tourner le poignet pour placer le pouce dans l’ouverture des doigts de Uke, dégager dans un mouvement ascendant vers l’oreille avec une rotation du bassin puis revenir dans un mouvement descendant pour porter un atémi du tranchant de la main , Shuto ( Shu ou Te, la main, Katana ou Tō, le sabre), la main sabre !

    à son premier essai, Mélanie se dégage horizontalement ensuite elle rectifie et trouve le dégagement ascendant

    Bien sûr, force contre force, c’est le plus fort qui ‘emporte !
    Nous avons appris à utiliser la force globale du corps en mobilisant le bassin : le bassin va au-devant de la main saisie qui prend le centre, une rotation permet d’entraîner l’adversaire puis de se dégager en fin de parcours et de placer un atémi à l’abdomen en retour.


    Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme. (Jules Vallès)

    Application technique : Kote Kudaki. Sous la forme Jujutsu, il s’agit d’effectuer un pas latéral pour sortir de la ligne d’attaque de Uke, éventuellement en lui portant un atémi au visage (ce que je n’ai pas fait ce soir, j’aurais peut-être dû), saisir la main de Uke en enfermant ses doigts entre les 2 mains (pouce sur pouce) puis, en maintenant le bras de Uke tendu, d’effectuer une pression dans le plan vertical.

    Sébastien se fait plaisir, le coup de pied au visage n'est pas nécessaire mais il est vrai que je l'ai montré.

    Sous la forme Aïki, je vais utiliser le déplacement de Uke : quand il avance pour saisir, il se produit un temps de déséquilibre que j’utilise en effectuant un Nagashi, ma main saisie se tournant vers l’extérieur puis poursuivant cette rotation autour du poignet de Uke dont les doigts sont bloqués par ma main libre. Je reviens sur Uke en repoussant son bras en forme de Z. Une pression effectuée en contraignant le coude à descendre contraint Uke à s’agenouiller.

     


    Un homme est bien fort quand il s’avoue sa faiblesse. (Honoré de Balzac)

    Ceci est une introduction destinée à faire sentir le pourquoi de l’évolution de notre Art.  Le Jujutsu, l’Art souple, est devenu sous l’influence de l’éducateur Jigoro Kano, la Voie de la souplesse. Nous faisons partie des Arts qui ont utilisé le concept d’Aïki sous la forme de l’esquive canalisation. C’est ce que je vais développer ce soir en utilisant le Chidori (千鳥足 Chidori Ashi, marche en zigzag, tituber).
    Développant une sensation du Chika Ma au Ma, le Go no Sen s’impose : j’attends l’attaque de Uke que je canalise en effectuant Nagashi (de Nagareru 流れる, ruisseler, s’écouler). Et en effectuant ce Nagashi, je titube, mon genou extérieur vient s’appuyer dans le creux poplité de la jambe intérieure. Ce faisant, j’ai largement entraîné Uke puis, ramenant mon bras contre mon flanc pour conforter mon équilibre, je le fais pivoter pour l’entraîner devant moi...

     

    Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question. Tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? (Olympe de Gouges)

    Première application, je me redresse en levant les bras : Uke est renversé en Ura Mukae Daoshi. Si nécessaire, il est possible de tourner le bassin voire d’effectuer un pas latéral sachant que, dans ces cas, il y a eu une faiblesse soit dans la canalisation, soit dans le Chidori, ce qu’il convient de retravailler.

    Sébastien tournait trop à la fin du mouvement. Il s'est rattrapé au second essai.

    Ce qui vieillit en nous, c'est le logement. Le locataire ne vieillit pas. (Charles Gounod)

    Seconde application : je me redresse en poussant la main saisie vers l’avant, en maintenant sa position dans la main de Uke, paume orientée vers l’arrière, la poussée s’effectuant avec le dos de la main dans la paume de Uke.


    La connaissance poétique est celle où l'homme éclabousse l'objet de toutes ses richesses mobilisées. (Aimé Césaire)

    Troisième application : en me relevant, je saisis le poignet de Uke avec ma main libre, je glisse mon bras sous son aisselle, je fais un pas en avant et je porte Tenbin Nage.


    On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. (Antoine de Saint-Exupéry)

    Quatrième application : en me relevant, je saisis le poignet de Uke avec ma main libre, je fais un pas en avant et je porte Shiho Nage.


    La fatigue se fait sentir : des hésitations pour Mélanie et un Chidori escamoté pour Jeannot.


    Un baiser légal ne vaut jamais un baiser volé. (Guy de Maupassant)

    J’ai expliqué à mes cadres que je deviens chaque année plus exigeant. Il semble que nous reproduisions année après année les mêmes études mais c’est à chaque fois à un niveau plus élevé donc avec une exigence accrue. C’est aussi le respect dû à ses élèves.
    Mélanie m’a vu effectuer O Irimi. Stéphanie m’a vu effectuer Nagashi. Stéphanie a vu objectivement ce que j’ai démontré. Mélanie a perçu autre chose, à un autre niveau. La sensation que j’ai donnée a pu être celle de O Irimi. Les Maîtres tels que Takeda Sokaku ne donnaient pas d’explications, ils disaient que les techniques appartenaient à ceux qui les volaient...

     

    C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous. (Érasme)

     Harold et Sébastien nous font un résumé des techniques abordées dans ce premier cours puis un Randori en ligne permet de les mettre en application.


    Je suis en sueur alors que je me suis bien moins agité que mes élèves. Je pense qu’ils vont apprécier la douche et leur lit. « C’était exigeant ! », me dit Guillaume en partant.

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    6e dan 2F3A 1991

    7e dan FIAB 2011

    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

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