• Bilan du cours du 2 novembre 2016

     

    Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. (Francis Scott Fitzgerald)

    Un très bel automne de carte postale. La forêt, toute de camaïeux, du jaune au marron en passant par le rouge vif sur fond de verts, luit, sous un ciel bleu de carte postale, aux rayons d’un soleil généreux dont l’ardeur est filtrée par une bise subtilement piquante.
    Je m’accorde pourtant ma petite « dépression saisonnière » : besoin de dormir, tendance à gamberger, trac à l’idée de faire un cours, jambes sans force et souffle court... « Holà ! On réagit, Sensei Papé ? – Oui, petit cancrelat, c’est promis, ça va chauffer ! ».
    Quand je pars pour le Dojo, il fait nuit, heure d’hiver oblige. La circulation est dense et désordonnée : combien de conducteurs ont-ils une piètre vision nocturne et devraient rester chez eux ?
    Le parking est complètement occupé par quelques voitures, le cours de gym a dû reprendre ! Je trouve quand même une place devant une barrière de chantier oubliée dans un coin du parking.

    Fais apparaître ce qui sans toi ne serait peut-être jamais vu. (Robert Bresson)

    Ce soir, ils seront 10 sur le Tatami. Mélanie a averti Stéphanie qu’elle ne viendrait pas, c’est déjà ça. Quelques Kyu manquent à l’appel et quelques anciens fidèles semblent avoir décidé de ne plus être fidèles depuis la rentrée. Bye bye.
    Je confie l’échauffement à Sébastien qui nous livre quelques exercices très exotiques.  Habituellement, je demande à quoi ça sert : l’échauffement a pour but d’échauffer les muscles, d’assouplir les articulations pour préparer le corps à accomplir des mouvements spécifiques à notre Art. Restons pragmatiques.
    Je demande à Sébastien de conclure son échauffement avec Oshi Kaeshi. Je rappelle les diverses formes de l’exercice et le rôle de Uke.

    Plus on est heureux et moins on prête attention à son bonheur. (Alberto Moravia)

    Ce soir, mon cours sera donc construit autour de Ryote Dori. J’ai pris l’habitude de montrer des techniques archaïques, avant le Te Hodoki, pour montrer l’évolution du Jujutsu ancien au concept Aïki d’esquive canalisation.
    En ce qui concerne Ryote Dori, la forme rustique se limitant à un coup de pied dans les choses de la vie, je vais pouvoir tout de suite revenir à la notion clé déjà abordée dans Oshi Kaeshi : la tonicité et la courbure des bras.
    Bras fléchis, Uke peut les repousser vers l’arrière. Bras tendus, Uke peut rapprocher les poignets et plaquer les bras contre le corps. Dans les 2 cas, coup de tête assuré !
    Les bras devront donc être semi fléchis, comme une lame de Katana, et rester dans l’axe, dans un plan horizontal.
    J’ai le choix entre 2 stratégies : un pas latéral, les bras conservant leur courbure ou un pas en arrière pour tendre le bras de Uke et bloquer sa main contre le sternum. Dans les 2 cas, la main extérieure se tourne, paume face au visage, l’autre main  vient au contact par-dessous et, paume vers l’avant, porte une clé de doigts.

    Où l’on voit que la position des bras de Tori est loin d’être idéale et où l’on se dit qu’il va falloir rabâcher et même grogner !

    Nous aimons notre enfance, nous y revenons, nous la jugeons, elle nous juge. (Elie Wiesel)

    Application de la stratégie du Chika Ma en distance Ma, Robuse se met en place spontanément : Hiraki Ashi, retrait du pied opposé, poussée du pied intérieur. Toute la difficulté est de ne pas vouloir contrôler le coude trop tôt, avant d’avoir amené la main à la hanche.

    Où l’on voit qu’un déplacement si simple ne se met pas tout simplement en place mais que les bras trouvent le bon placement dès que l’action a lieu en distance Ma.

    L’essentiel dans l’éducation, ce n’est pas la doctrine enseignée, c’est l’éveil.. (Ernest Renan)

    La suite du cours est une application des éléments mis en place avec Oshi Kaeshi. Outre la tonicité des bras, je rappelle la position des mains, en supination, qui permet de tirer vers l’extérieur ou de pousser vers l’intérieur.
    Tous nos exercices se dérouleront en Aï Hanmi no Kamae ( (aï de au, s'accorder) 半身 (hanmi moitié du corps) 構え (kamae de kamaeru prendre une posture) : même garde !
    Un premier exercice consiste à tirer vers le sol en reculant puis à pousser en tournant.

    Où l’on voit que la traction se fait parfois en tournant, par anticipation de la rotation. Et où l’on constate que si Uke rechigne à la chute, c’est dommageable...

    Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière. (René Char)

    L’entrée se fait en O Irimi. Uke résistant à la traction, Tori renverse son action en poussant sur le même bras.

    Où l’on voit qu’un tâtonnement est nécessaire, parsemé d'erreurs, avant de parfaitement sentir l’exercice.

    Le poète doit être un professeur d’espérance. (Jean Giono)

    Le rôle de Uke est ici particulièrement important. Impossible de réussir le mouvement si la saisie est approximative et, surtout, si les bras de Uke ne sont pas toniques.  C’est là qu’intervient la notion de Kaeshi Waza en enchaînement. La saisie de Uke est molle ou il lâche le poignet de Tori qui continue sa poussée et dont le bras vient naturellement passer derrière la nuque de Uke à qui il porte Kubi Nage.

    Sébastien piétine une première fois, jambes raides, puis effectue une prestation convenable.

    Peut-être le décalage entre les générations est-il beaucoup plus dans la forme que dans le fond.  (Marcel Aymé)

    Jeannot fait n’importe quoi pour commencer puis s’applique... à porter Kubi Nage. Où l’on voit que les élèves sont tellement préoccupés par la finalité qu’ils en oublient les phases intermédiaires !

    Le tic-tac des horloges, on dirait des souris qui grignotent le temps. (Alphonse Allais)

    Je suis peut-être trop méchant avec Jeannot ! Même s’il le mérite parfois ! En fait, les progrès ont été rapides, pour preuve cette excellente prestation de Kamel.
    Toute la difficulté de cet exercice est de rester dans l’intention de l’exercice traction suivie de poussée. La main de Tori doit suivre le bras de Uke et prolonger sa poussée dans la ligne des épaules. On voit que l’intention est perdue quand Tori monte son bras pour accrocher la nuque de Uke.

    La vie est dure, mais elle est belle puisqu’on y tient tellement. (François Truffaut)

    Sébastien et Jeannot font une rétrospective de l’ensemble des exercices étudiés ce soir. Ils seront appliqués dans un Randori en ligne. La dernière séquence sera libre.

    Et où l’on s’aperçoit qu’au cours du Randori tout devient limpide.
    Nous avons beaucoup sué. Je suis fatigué, c’est pas une vie pour un p’tit vieux.

     

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    6e dan 2F3A 1991

    7e dan FIAB 2011

    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

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