• Bilan du cours du 19 décembre 2018

     

    L'expérience, ce n'est pas ce qui arrive à quelqu'un, c'est ce que quelqu'un fait avec ce qui lui arrive. (Aldous Huxley)

    Quel temps ! Un ciel lumineux toute la journée mais, en fin d’après-midi, nous avons droit à quelques petites averses. Au moment de partir, je ne sais pas... Pleuvra ? Pleuvra pas ? Quel itinéraire prendre pour ne pas m’engluer dans les embouteillages ?
    Finalement, je choisis la première entrée sur l’autoroute : bonne pioche, circulation très, très fluide jusqu’au Dōjō où j’arrive juste assez en avance pour trouver le parking bondé.  J’attends 1 minute, 2 minutes et puis je vais me garer plus loin. Après tout, il ne pleut pas.

    Ce qui vaut la peine d'être fait vaut la peine d'être bien fait. (Nicolas Poussin)

    Dans le Dōjō, l’ambiance est tiède, apaisante, les élèves sont détendus, souriants, nous devrions voir se dérouler une très agréable soirée.
    Pour commencer l’échauffement,je reviens sur 2 éducatifs « à ma façon » destinés à faire une approche tranquille du Randori Te Hodoki que nous aborderons à la rentrée.

    • sur Ushiro Uwate : double poussée vers l’arrière avec le fessier et vers l’avant avec les bras coudes relevés par une rotation des mains paumes vers l’extérieur. Une jambe recule, l’autre glisse devant en Chidori Ashi, ce qui permet de pivoter aisément en glissant la main extérieure en protection contre un éventuel étranglement et en repoussant Seme avec le coude intérieur pour permettre la saisie en Ushiro Uwate. Il ne s’agit pas de rechercher un dégagement sur une saisie puissante mais de créer un mouvement continu d’enchaînements de saisies, dégagements.
    • Sur Ushiro Shitate : reprise de l’exercice déjà abordé la dernière fois. Laisser tomber tout son poids en saisissant les mains de Seme, le pouce sur l’articulation du pouce de la main du dessus. Double poussée vers l’avant en écartant les mains et vers l’arrière avec une jambe qui recule, l’autre jambe glissant devant en Chidori Ashi. Rotation du bassin en faisant passer la main saisie comme pour porter Kote Kudaki puis en continuant l’action pour reprendre en Ushiro Shitate.

    Ensuite, j’aborde Shinogi. Pour bien comprendre le sens de l’exercice, les 2 partenaires placent leur bras comme s’il s’agissait d’un Bokken. Chacun son tour, ils tournent la main en supination, reproduisant ainsi l’action du Shinogi d’un Bokken sur l’autre. Rappelons que le Shinogi () est la surface de la lame située entre le tranchant ( le Ha ) et le dessus (le Sori ). Notez que Shinogi désigne aussi l’arête qui court le long de la lame.
    Quand cette sensation est comprise, il suffit de mettre l’exercice en place, lentement d’abord puis en accélérant au fur et à mesure que les sensations justes sont en place. Seme attaque Tsuki Jodan. Tori contrôle en plaçant sa main en supination, base du pouce contre base du pouce, et en effectuant une rotation du bassin. Il canalise le poing de Seme comme pour le jeter au-dessus de son épaule.
    Il ne sert à rien d’essayer de repousser le bras de Seme, une poussée engendre une poussée en réaction donc un blocage de l’exercice qui doit être fluide, tout en esquive canalisation.

    Le plus grand ennemi de la connaissance n'est pas l'ignorance, mais l'illusion de la connaissance. (Stephen Hawking)

    Ce soir, le programme sera donc Yuki Chigae en distance Ma. Nous allons d’abord étudier 2 situations sur Tsuki Jodan, le Tai no Sen puis le Machi no Sen.
    On parle de Tai no Sen quand Tori entre au moment où Seme initie son attaque. Si Tori réagit avec un léger retard, il sera donc en Machi no Sen. Si une notion de force intervient, on parlera de Go no Sen.
    Je vais dans un premier temps chercher à obtenir que Seme exécute un tour complet autour de Tori de façon à se placer de lui-même en situation de Yuki Chigae. Tori reste droit, ne risque pas d’être contré en passant trop tôt sous le bras de Seme et met en œuvre l’action de son bassin.
    Je rappelle qu’il faut concentrer sa force dans le Seika Tanden (Seika 臍下 bas de l’abdomen,  Tanden 丹田 point de « méditation », situé sous le nombril). La main sur le nœud de la ceinture est un « truc » qui permet peu à peu d’en prendre conscience.

    Être raisonnable en toutes circonstances ? Il faudrait être fou... (Raymond Devos)

    Tsuki Jodan, Tai no Sen : c’est le contrôle en entrant, au niveau du coude. Sur cette photo, bien connue, on voit l’action de la main de Tori qui neutralise et dévie l’attaque de Seme après avoir glissé le pied avant en avant. L’action de canalisation va se poursuivre avec le O Irimi suivi de Henka qui fait tourner Seme autour de Tori.

    Une bonne vidéo vaut mieux qu’une longue description. La démonstration de Mélanie sur Kamel, exécutée au ralenti, permet d’observer tous les détails du déroulement du mouvement.

     
    Il est bon de préciser que Kamel doit peser 35 kilos de plus que Mélanie et que, sur le Tatami, il ignore le sens du mot complaisance...

    La science consiste à passer d'un étonnement à un autre. (Aristote)

    La sensation de Machi no Sen nous fait comprendre l’utilité de l’éducatif Shinogi étudié au début du cours. Encore une fois, plutôt qu’une longue description, la démonstration de Mélanie avec Kamel devrait être très explicite.
    Le point difficile est le Nagashi pied arrière. Au moment de l’esquive en Shinogi, le poids doit se transférer sur le pied arrière, ce qui permet de canaliser le poing de Seme. Sinon, le pied arrière rejoint le pied avant pour décrire un court O Irimi.



    Il n'est rien de réel que le rêve et l'amour. (Anna de Noailles)

    Jyunte Dori :

    • première forme : entrée extérieure. Tori saisit le poignet de Seme en entrant et porte un armlock dans le second temps de O Irimi. Le mouvement se déroule comme décrit ci-dessus. Mae Ukemi en conclusion après avoir marqué la clé pour contraindre Seme à monter sur la pointe des pieds.
    • Seconde forme : entrée intérieure comme pour porter Kote Kudaki. La main libre prend la place de celle qui tient la main de Seme. La main libérée saisit les doigts de Seme. Inutile de décrire la suite ?

    Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé ; il le continue. (Auguste Rodin)

    Dosokute Dori :

    • première forme : Tori laisse Seme saisir son poignet et entre à 45°, bras tendus, paume tournée vers l’extérieur, ce qui fait tourner Seme autour de Tori qui peut saisir la main de Uke et porter Yuki Chigae comme il a été décrit de multiples fois.
    • Seconde forme : Tori esquive comme pour le Te Hodoki en effectuant un très court O Irimi. Dans le premier temps du Tai Sabaki, il applique sa main sous le coude de Uke qu’il soulève et crée un armlock en saisissant le poignet de l’autre main qu’il abaisse. Dans le second temps du Tai Sabaki, suivi de Henka, il fait tourner Seme autour de lui et le place en situation de Yuki Chigae : la main sous le coude saisit le tranchant de la main de Seme. Celle qui tenait le poignet lui saisit les doigts...

    Souriez, car vos dents ne sont pas seulement faites pour manger ou pour mordre. (Man Ray)

    La pendule m’annonce 21 h 10 ! Il est temps de passer aux Randori, tant pis pour l’application sur les autres saisies. Qu’importe, le travail effectué depuis le début de la saison semble porter ses fruits et des solutions sont trouvées dans le feu de l’action. J’insiste sur ce point : notre Art s’exprime dans le Randori. Le travail technique représente les gammes, les arpèges qu’on répète interminablement sur son instrument de musique préféré. Le Randori est le « bœuf » qu’on improvise avec d’autres interprètes qui maîtrisent la fluidité et l'efficacité.
    Rendez-vous l'année prochaine pour le plaisir de participer à de nombreuses et longues séances de Randori.

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    7e dan FIAB 2011
    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

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