• Bilan du cours du 15 février 2012

     

    Tout se réfléchit dans tout. (Leibniz)*

    Le froid vif sous un ciel lumineux a laissé place à la bruine... Nous voilà de retour en Normandie ! Ça n’empêche pas une fréquentation assidue du tatami. Ce soir, c’est Jeannot qui a le redoutable privilège de diriger l’échauffement sous mon œil impitoyable.

    Ça ne commence pas trop mal mais il reste encore quelques exercices inutiles et l’ordre est aléatoire. Jeannot a bien lu la fiche mais ne l’a pas vraiment mémorisée. Peut mieux faire. À revoir !

    Pour réviser, cliquez là :  

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    À quoi sert l’échauffement ? J’entends un gros malin répondre : « Ça sert à s’échauffer ! ». Ce n’est pas totalement stupide... En fait, ça sert à préparer son corps en vue de se livrer à des activités spécifiques. Les exercices de « coordination » qui font tourner les débutants en chèvre ou les exercices de musculation, qu’elle soit isotonique ou isométrique, n’apportent rien à la pratique de notre Art. Quand je propose un nouvel exercice, je dois me poser la question : « À quoi ça va servir dans le déroulement de mon cours ? ».

    * et tout est dans tout et réciproquement

     

    Le comble de l'altruisme, c'est de laisser les autres s'occuper d'autrui.  (Georges Elgozy)

    La dernière fois, j’ai attiré l’attention sur quelques éléments importants concernant la pratique de la roulade avant.  Les erreurs sont dues à une exécution « statique », le chuteur va prendre contact avec le tatami entre ses pieds au lieu d’aller le chercher loin devant... la main se pose à plat, le bras se plie au risque de se blesser au niveau du coude ou encore le contact est bien pris avec le tranchant de la main mais entre les pieds au risque de se casser la clavicule ! Ce type de chute, sur place, se justifie dans le cadre de la réception « plaquée », dans la pratique du Judo. Il nécessite un appel vertical et une action analogue à un saut périlleux avant.

     

    Je l'aime trop pour en être jaloux. J'ai pris le parti d'en être fier.  (Pierre Choderlos de Laclos)

    En ce qui nous concerne, nous recherchons une pratique fluide, sans opposition, intégrée dans le mouvement. La chute qui vient en conclusion est dynamique.

    La première partie du cours est donc consacrée à l’étude de quelques éducatifs qui vont permettre d’acquérir les diverses sensations nécessaires à la maîtrise de l’Ukemi Waza...

    Pour réviser, cliquez là :

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    Je vais confier le soin de les démontrer à 2 talentueux pratiquants et je mettrai en œuvre mes talents de cinéaste pour immortaliser leurs démonstrations.

    À eux d’appliquer les consignes que je vais leur donner afin de réaliser l’exercice ad hoc. Les erreurs commises permettront de rebondir et d’affiner la recherche des bonnes sensations.

     

    Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c'est malhonnête. (Gandhi)

    Départ statique en Migi ou Hidari Kamae. Jeannot va chercher le contact avec le tatami loin devant lui. La roulade s’effectue à partir du tranchant de la main, le bras adoptant une courbure qui autorise une roulade souple et harmonieuse. On observe que la jambe tendue se pose sans « claquer », le contact avec le tatami se prenant avec le bord externe du pied.

    Départ pieds joints, roulade « plongée ».  C’est la même recherche que pour le plongeon dans la piscine depuis une borne... Le but : aller chercher le contact avec le tatami le plus loin possible en appliquant les cosignes reçues pour le départ statique.

    Départ plongé en Migi ou Hidari Kamae. Cet exercice s’avère bien plus difficile que le précédent malgré ce que pensaient les élèves. Il s’agit en effet d’un plongeon à partir  d’une position statique. Ici, on voit que Jeannot ne parvient pas à se positionner statiquement avant de se lancer.

    Jeannot essaie de s’immobiliser mais glisse le pied avant de plonger.

     

    Ne craignez pas d’être lent, craignez seulement d’être à l’arrêt. (Proverbe chinois)

    Les 2 premiers plongeons sont réussis mais au 3ème essai, le pied avant glisse pour prendre appel. Cet exercice n’est donc pas si simple qu’il le paraît, il faut une certaine dose de concentration pour échapper aux mécanismes résultant d’un conditionnement. C’est ce conditionnement qu’il faut briser afin de permettre l’accès à un plus haut niveau de pratique (et de conscience ?)

    Exercice du laisser-aller, du laisser-faire. Jeannot, en Migi ou Hidari Kamae, croise les bras et lève la jambe arrière pour se placer en équilibre horizontal. Il baisse lentement la tête jusqu’à perdre l’équilibre et partir en roulade avant. Il faut « laisser aller » de façon à rouler harmonieusement, sans contact brutal avec le tatami. Les plus timides peuvent décroiser les bras et se recevoir sur les mains avant de rouler

    Cette séquence n’est pas cruelle ni même moqueuse. Elle montre comment des tensions, des résistances peuvent faire paraître certains exercices insurmontables. Jeannot a accepté de jouer le jeu, sachant le blocage qu’il éprouve face à cet exercice. Il le réussira finalement en s’inspirant des 2 suivants.

     

    À bord, l'instrument le plus important, c'est l'oreille.  (Loïck Peyron)

    Jean-Charles a lui aussi ses blocages, ses résistances, ses mécanismes mais là, il a laissé faire. Ce type d’exercice peut représenter un défi, un objectif à atteindre, une porte à ouvrir après une longue ascension.

    Guillaume doute beaucoup, ça apparaît dans sa préparation. Ce soir-là qu‘il a franchi une étape supplémentaire dans la confiance en lui. Exercice réussi.

    Mae Ukemi plongé avec élan : Jeannot fait remarquer que, pour aller chercher le tatami loin devant, il faut regarder devant soi en gardant la tête droite pendant la phase ascendante, puis tourner la tête dans la phase descendante.

    Ce qui est bien démontré à la 2ème prise. On voit bien le mouvement de la tête vers le haut après l'appel.

    Guillaume nous offre une très belle démonstration en conclusion de cette première partie du cours qui a duré plus d’une heure. Cette séquence a été traitée comme une École des Cadres destinée à des pratiquants pleins de talent et en constant progrès, les considérations pédagogiques ont tenu autant de place que les précisions techniques. Leur talent va être mis à contribution pour la 2ème partie du cours.

     

    À force d’aller au fond des choses, on risque d’y rester.  (Jean Cocteau)

    J’avais prévu que ce serait la dernière séance de l’initiation au Sutemi... Ce sera peut-être finalement une année orientée sur le thème du Sutemi ! Bref, je n’aurai guère le temps que d’ajouter un exercice supplémentaire à la série dont je tiens à ancrer les sensations.

    Je confie à mes talentueux assistants le soin de présenter ces exercices. Ils ont déjà été décrits dans les bilans précédents. Je vous propose les vidéos pour les remémorer avec quelques éventuels commentaires en guise d’explications.

     

    C’est une conscience en nous qui nous fait prendre conscience de notre conscience. (René Descartes)

    Jeannot « emprunte » mon habitude : la main sur le Hara pour sentir la rotation du bassin

    Les gestes sont sobres, pas de fioritures parasitaires. Ces petits gars ont un bon prof !

    L’exécution est un peu « scolaire », il faut maintenir le déséquilibre de Uke en passant sous son bras : on note un léger relâchement à ce moment précis.

    Jeannot est plus à l’aise debout et la traction sur le bras de Uke est maintenue jusqu’à l’entrée du Sutemi. Guillaume se met en danger, il lève le bras de Uke avant d’entrer, lui rendant ainsi sa stabilité.

     

    Ce n’est pas la profession qui honore l’homme, c’est l’homme qui honore la profession. (Louis Pasteur)

    Ma remarque le perturbe. Le 2ème essai est réussi mais je voudrais que Jeannot chute dans ma direction. Guillaume en oublie le « laisser aller » ! Quand il parviendra à apprivoiser son émotivité, tout ira bien. La timidité, l’émotivité sont des sentiments que nous devons intégrer dans notre pratique. Le trac devient un compagnon tout à fait fréquentable quand on « accepte » de se présenter au centre de tatami sous le regard de ses compagnons de misère et surtout de celui du bourreau qui oblige à toujours montrer le meilleur de soi-même.

    Jeannot est trop dans le vague, il n’entre pas dans le mouvement. Guillaume est précis, Uke est très bien contrôlé au niveau du bras.

     

    Le plus grand danger pour la plupart d’entre nous n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignions. (Michel-Ange)

    C’est net, propre... Regardez bien, une petite différence mais pourtant un détail important. Jeannot saisit le kimono, Guillaume saisit le bras... Quelle est la bonne manière de faire ? Quelle stratégie appliquer face à un adversaire bras nus ? Il faut pincer ! Je veux dire saisir avec détermination. Si la peau pendouille, je la pince. Si le bras est musclé, je saisis fermement le muscle. De toutes façons, je cherche d’abord à provoquer un armlock qui doit être marqué avec la main à plat. L’action de pincer ne fait que le verrouiller...

    Jeannot réussit son premier passage, après... La même erreur se répète systématiquement. On constate une bonne entrée, un bon placement puis, au moment de projeter, Tori lève la tête ce qui lui fait creuser le ventre et prendre contact sur le tatami avec les fesses.

    La 1ère entrée est parfaite. Ensuite, Jeannot se relâche et ne déséquilibre plus convenablement Uke, sa pression sur le bras est insuffisante. Il se met alors en danger, Uke peut se relever et lui porter un coup au visage. « La baffe ! », dirait Jean-Charles.

     

    Ce sont toujours les mochetés qui critiquent le physique des autres mochetés. (Amélie Nothomb)

    Je n’ai filmé que les premiers essais pour cette longue série d’exercices. Je n’avais pas l’intention de vous offrir des paquets cadeaux bien emballés, bien ficelés. Ce n’est qu’en prenant conscience des difficultés des élèves qu’on peut enseigner efficacement.

     

    Avant que tu ne parles, on doit pouvoir lire sur ton visage ce que tu vas dire. (Marc Aurèle)

    Il est bien évident que j’aurais pu vous présenter le meilleur de Jeannot et Guillaume et de tous les autres. Ces quelques mois m’ont fait progresser dans l’enseignement de cet aspect spécifique de notre Art et parallèlement mon petit groupe a constamment progressé et mon niveau d’exigence s’est accru.

     

    Certains non-dits vont sans dire. (Philippe Geluck)

    Bilan du cours du 15 février 2012

     

    Connaissez-vous les easter eggs ? Les œufs de Pâques, in french...

    Ce sont de petits programmes dissimulés dans des logiciels, dans des pages publiées sur le Web. Quand il reste de la place, les programmeurs s’amusent ainsi à laisser des surprises.

    Pour les trouver, il faut être astucieux, connaître le code Konami...

    Bilan du cours du 15 février 2012

     

    Ce qu'un homme ne dit pas est le sel de la conversation. (proverbe japonais)

     

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