• 79 balais


    79 balais

    Fichtre ! Soixante-dix neuf balais ! C'est la première fois que j'atteins un âge aussi avancé ! Ça tombe bien : 79, c'est un nombre premier ! Et de plus, c'est le premier jour du reste de ma vie... Étonnant, non ?
    Il y a soixante ans, c'était la première fois que j'avais 19 ans, je fus nommé dans ma première classe, 52 élèves, dans un village qui ne connaissait pas l'eau courante. Pour seul moyen de transport, un car passait le matin à 7 h en direction de Rouen et repassait le soir vers 19 h... Avec mes 270 F de revenus mensuels, il n'était pas question que je me motorise ! Je dépendais de la bonne volonté de la femme du directeur quand j'avais besoin de me rendre à la bourgade voisine pour récupérer mes quelques sous chez le percepteur car en ces temps anciens, on ne pouvait ouvrir un compte-chèque postal ou bancaire qu'à la majorité, à 21 ans. Ou pour aller à Rouen, passer le permis de conduire...
    Je n'avais pas vraiment la vocation, la foi suffisamment ancrée pour me réjouir à l'idée d'enseigner la grammaire et l'arithmétique à ces 52 bambins. Je voulais écrire des poèmes à toutes celles qui avaient su ou qui sauraient m'émouvoir, j'en ai noirci pas mal de pages, réaliser des bandes dessinées, j'en ai dessiné quelques unes, apprendre à jouer de la guitare, j'en ai acheté une toute simple avec une méthode à laquelle j'ai eu bien du mal à comprendre quelque chose.
    Et puis, je voulais pratiquer les Arts Martiaux. Ce n'est que quelques mois après la rentrée, en janvier 1961, que j'appris l'existence des cours de Jiu-Jitsu donnés par le Dynam Institut et qui, figurez-vous, me procurèrent un statut très honorable pendant l'initiation au close combat donnée aux troufions préparant les EOR avant de les envoyer au casse-pipes en Algérie... Je ne devins jamais officier de réserve mais en rentrant en France, je m'inscrivis à l'École de Judo Jean Lemaître où s'ouvrit très vite une section d'Aïkido Jujutsu du Yoseikan...

    79 balais

    79 balais

    Trente ans plus tard, je fus repris par le besoin de coucher sur le papier des vers mirlitons, on ne se refait pas !

     

     Message

     Après vingt-cinq ans passés à s’efforcer de briller, de devenir, de demeurer le meilleur, le plus fort, en perfectionnant l’Art de vaincre, de maîtriser l’adversaire, on découvre la simplicité du message : Amour de l’humanité.
    L’homme est deux.
    Le geste se crée à deux. Le mouvement parfait se réussit à deux, se rate à deux.
    Pas de message mystique. Pas de révélation transcendantale.
    La révélation est simple : réussis ton couple.
    Le geste brutal, maladroit, détruit.
    Le même geste, expérimenté, attentif, plein d’amitié, apaise et guérit.
    Pas de pouvoir, pas de miracle, juste un peu d’attention pour le moi intime de l’autre.
    Une vie résumée en quelques secondes : la recherche de l’autre, la destruction réciproque, la rupture, la main tendue. Pour toujours ou plus jamais.

    On ne se moque pas, s'il vous plait...

    À quoi sert l’Aïkibudo

    Je ne dirai que mon expérience
    Car chaque voie est unique
    Après un quart de siècle
    De pratique égoïste
    De recherche personnelle
    Dans le but de briller
                En apprenant à vaincre
                            À blesser
    On découvre soudain
                Un profond
                            Amour
                                       Pour l’humanité
                            Un profond
                Besoin
    De se retrouver
                Un foyer
                            L’homme est deux
                            Le geste parfait
                                       Se fait à deux
    C’est un message d’Amour
                Universel
                            Et intime
                                       Respecter l’Autre
                                      
    Aimer l’Autre                       
                                                   Se respecter soi-même
                                                   Se trouver
    La guerre et la paix sont inséparables
    Il faut souffrir pour aimer
                Se perdre pour se retrouver
    Le geste qui blesse
                Le geste qui apaise
                            Sont les mêmes
                                       Donner la vie
                                       Donner la mort
    Seul un degré d’Amour
    Exprime la différence
                La nuit le jour le chaud le froid l’amour la haine
                                       Le couple
                                       Toujours
                                       Se cherche
                                       Jamais
                                       Ne s’unit
                                       Vraiment
                                          Mais
    Patience
                Alchimie des âmes
                            Broyées triturées broyées triturées
                                       Des années
    Patience
                Souffrance
                            Et quand on ne l’attend plus
                            Le grand œuvre
                            Explosion de lumière

    Le secret
                Aime-la
    Pour elle
    Tout simplement

     On ne se moque pas, s'il vous plait...

    Je ne voulais pas être ordinaire
    Un type merguez et caisse de bière
    Je n’étais pas vraiment artiste
    Pas vraiment gai, même pas clown triste
    Un peu d’humour, un peu d’amour
    Je me croyais plus que je n’étais

    Sûr que des reproches, Il m’en faudrait
    Je ne prétends pas être parfait
    Je n’ai pas menti, je n’ai pas trahi
    J’en ai trop fait et pas assez
    Je ne voulais pas être taxé
    Pour pauvreté, médiocrité

    Mi parano, mi mal aimé
    Un brin glaçon mais passionné
    Mais trop discret moi je croyais
    Que mes sentiments m’appartenaient
    Il faut partager, il faut tout donner
    Pour recevoir un peu, longtemps après

    Je ne voulais pas être ordinaire
    Mais être l’ombre de ta lumière

    Des vers de mirliton
    Pour mieux me cacher
    Tontaine et tonton
    Faux, j’ai pas pleuré

    On ne se moque pas, s'il vous plait !

    79 balais

    Cette tournure d'esprit, plutôt contemplative qu'hyperactive, m'a fait comprendre que s'attacher à la forme est illusoire : ce n'est qu'une apparence, une structure vide.

    Qu’il est long le chemin !

    « Mais alors, vénérable Sensei, si ce n'est qu'une illusion, comment faire ? Tout ce temps passé sur le Tatami serait-il vain ? Notre quête du geste juste serait-elle désespérée ?
    - En fait, petit cancre las, tout ceci ne concerne que moi, chaque Voie est unique.
    - Alors, vénéré Sensei, oserais-je vous demander quelle est votre démarche ?
    - Vois-tu, petite blatte toute plate, j'observe mon Maître et je sais que nous sommes très différents physiquement et mentalement. Je n'essaie pas de l'imiter, je ne ferais que le singer. En fait, je m'efforce de sentir ce qu'il ressent quand il exécute le mouvement. Ensuite, quand je le reproduis, je n'ai que faire de la forme, je m'efforce avant tout de ressentir les sensations qu'il a éprouvées. C'est ce que je fais avec mon Uke : je ne lui donne pas d'explications, je lui demande de faire sentir à son partenaire ce qu'il a ressenti dans le mouvement que je lui ai fait subir. Si la sensation est juste, la forme est élégante et exprime l'efficacité. Le message du Maître est compris.
    - Ce n'est pas facile, Ô hermétique Sensei !
    - Je n'ai jamais dit que cette Voie serait aisée, petit scarabée. »

     

     

    Histoire d'un Hakama qui fut blanc 

    7e dan FIAB 2011
    2e dan FKSR 1986

    A.照り絵 / 七段 教士 

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    J'ai dit: « On ne se moque pas ! »

    Oublie tes peines et pense à aimer

    あなたの悩みを忘れて、愛について考える 

    Anata no nayami o wasurete, ai ni tsuite kangaeru

    mort-de-rire

     

     

    « Conaro virusMode inclusive, quelle ânerie ! »